La vengeance est un plat délicieux

Résumé:

Quand Pansy demande à Edwin de l'accompagner au bal de Noël elle apprend avec stupeur qu'il y va déjà avec... Hermione Granger. Humiliée elle décide de se venger d'Hermione en utilisant Draco, mais elle ne se doute pas que les choses pourraient se dérouler autrement qu'elle l'imagine. [En cours de réécriture]

 

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Chapitre 1 : Désillusion parkinsonienne

Novembre.


À bien des égards ce mois était l'un des plus détesté à Poudlard. Il y avait d'abord ce froid mordant qui s'insinuait jusque dans les dortoirs et vous glaçait jusqu'aux os, vous donnant l'impression d'être la proie d'un détraqueur particulièrement vorace. Puis, l'impression tenace que le temps entre Halloween et Noël ne cessait ne s'étirer tandis que l'ensemble des professeurs vous noyait sous une masse de devoir insurmontable. Enfin, c'était ce mois étrange durant lequel Poudlard se transformait en vaste champ de bataille où des hordes de filles hystériques se battaient dans un seul et unique but : trouver un cavalier pour le bal de Noël (de préférence beau, sexy et accessoirement pas trop bête).

En observant la cour principale du château, en ce début de Novembre, on peut ainsi voir de nombreuses Poudlariennes obnubilées par la recherche du parfait cavalier. Si l'on se rapproche un peu plus on remarque une jeune fille à la démarche assurée qui s'élance à travers la cour. Elle a les cheveux noirs et lisses et porte l'uniforme vert et argent de la digne maison de Serpentard. Cette jeune fille se nomme Pansy Parkinson et au moment où commence cette histoire elle s'apprête à vivre l'un des épisodes les plus douloureux qu'aura à supporter son coeur d'adolescente.

°°°

- Ed, est ce que je peux te parler une seconde ?

Le jeune homme leva ses yeux bleus du livre de Métamorphose qu'il tenait entre ses mains et adressa à Pansy un regard interrogatif.

- Euh... maintenant?
- Oui s'il te plaît c'est important, bredouilla la serpentarde.
- Je t'écoute.

Les mots se bloquèrent dans la gorge de la jeune fille qui émit un bref gargouillement, étrange croisement entre le cri d'un crapaud et le grincement d'une porte. Elle s'était pourtant répétée cette phrase milles fois dans sa tête et avait imaginé tous les scénarios possibles mais il lui était impossible, à cet instant précis, de prononcer la phrase fatidique. Son estomac se tordit et elle sentit la sueur lui couler le long du dos. Prenant son courage à deux mains, elle prononçât d'une voix hésitante :

- Tu voudrais bien... aller au bal avec moi ?

Le jeune homme haussa un instant les sourcils. "Oula c'est pas très bon signe..." pensa aussitôt Pansy. Ses craintes se confirmèrent plus rapidement qu'elle ne l'avait prévu.

- Écoute Pansy, je suis désolé, mais j'y vais déjà avec quelqu'un. Une prochaine fois peut être !

Il lui sourit, un sourire amical, et se replongea dans son livre dans une attitude typiquement serdaigloise. Pansy eut la très soudaine impression qu’elle allait s’évanouir. Elle eût cependant la force de prononcer :

- Et tu y vas avec qui ?
- Hermione Granger.

°°°

à suivre...

Edwin

Chapitre 2 : Sarabande à Serpy-land

La principale caractéristique du caractère de Pansy était sa ténacité. Une qualité qui se transformait souvent en défaut : elle était extrêmement jalouse mais surtout très rancunière. Sa vengeance implacable était réputée dans tout Poudlard et le charmant surnom de "Bouledogue" qu'on lui donnait était plus du à son obsession du châtiment qui ne la faisait jamais lâcher sa proie, qu'à son nez légèrement écrasé.

Sa rancoeur ne se dirigeait pas contre le très charmant Edwin Tiller mais bien contre son ennemie de toujours : Hermione Granger. Edwin était un serdaigle sans histoire au caractère aimable et conciliant. Elle avait fait sa connaissance lors du premier cours commun d'histoire de la magie, particulièrement ennuyeux. En fidèle serpentarde, Pansy était plutôt attirée par les bads boys, mais Edwin avait ce charme irrésistible de la naïveté associée, comme tout bon serdaigle, à l'intelligence. Au fil des mois, ils étaient devenus amis et si Edwin n'était pas d'une beauté implacable, ses grands yeux bleus l'avait envoûtée plus sûrement que s'il avait été l'un de ces serpentards à la plastique parfaite qu'elle avait l'habitude de côtoyer.

La jeune fille s'approcha du tableau et prononçât le mot de passe : "Basilic". Elle entra dans la salle commune les joues encore humides de larmes. La pièce était étrangement vide, peuplée seulement d'un groupe de filles de 6ème année agglutinée autour de Sorcière-magazine et de quelques élèves profitant de la chaleur du feu. L'un d'eux n'était autre que le séduisant Drago Malefoy qui s'adonnait à son jeu préférée, à savoir regarder discrètement le groupe de 6ème année tout en faisant semblant de lire son exemplaire du "Quidditch à travers les âges".

- Dray...
- Pansy, je t'ai déjà dit mille fois de ne pas m'appeler ainsi, soupira-t-il.

Il s'aperçu alors du teint brouillée de la jeune fille.

- Que se passe-t-il ?
- Je viens de demander à Edwin d'aller au bal avec moi. Bref... c'est raté quoi...
- On se demande bien pourquoi il a refusé, ricana le serpentard tout en évitant la main furieuse de Pansy. Arrête de chialer Pan', ce niais à du se trouver une fille au quotient intellectuel d'huître, pas la peine de s'en faire pour ça. Tu n'a claquer des doigts et je te trouve un beau serpentard bien de chez nous pour passer la soirée et plus si affinité...
- Détrompe-toi, il y va avec Hermione Granger ! Ce gros thon a du lui lancer un sort pour qu'il accepte. Mais elle ne s'en relèvera pas, tu peux me croire...
- Je te crois sur parole, marmonna Drago, si tu veux mon av...

Il fut coupé par une jolie blonde au teint trop orangé pour être naturel et au sourire mutin. Elle s'assit sur l'accoudoir et adressa à Drago un regard langoureux.

- Salut Malefoy, je me demandais justement si tu avais déjà une cavalière pour le bal...
- Écoute Cassandra j'ai pourtant été très clair la dernière fois, il est hors de question que j'aille au bal avec toi, par contre juste une nuit je ne dis pas non...

La dénommée Cassandra lui adressa un regard choqué et s'en alla furieuse rejoindre ses amies qui l'attendaient en gloussant. Drago se retourna vers Pansy qui avait pris son regard très spécial j'ai-quelque-chose-à-te-demander.

- Dray... J'ai eu une idée géniale!
- Oh non non non ! Ne compte pas sur moi pour participer à tes plans foireux !
- Tu dragues Granger, tu sors avec elle, Edwin l'apprend, la jette, va au bal avec moi et tu plaques Granger devant toute l'école. Non seulement cette Sang-de-Bourbe se tape la honte de sa vie mais en plus je récupère Ed.

Elle eut un sourire carnassier. Voyant l'air horrifié de Drago elle s'avança, féline, vers lui et passa sa main sous sa chemise.

- S'il te plaît Dray... Fait ça pour moi...
- C'est complètement hors de question. Je ne suis pas ton chien-chien trouve quelqu'un d'autre pour faire ton sale boulot. De toute façon avec moi ça ne marchera jamais, tu vois vraiment Granger sortir avec moi ?
- Tu oublies Drakichounet que je sais certaines choses sur toi... Choses que je pourrais bien laissé échapper.

Pansy faisait allusion à la décision de Drago Malefoy de ne pas s'enrôler chez les mangemorts. Son caractère indépendant lui criait de ne pas se laisser dominer, même par un maître aussi puissant que Voldemort. Il l'avait par mégarde avoué à Pansy lors d'une soirée un peu trop arrosée et si la jeune fille le répétait son arrêt de mort était signé. Il ne se démonta pas pour autant et fit très clairement comprendre à la brune les dangers qu'elle encourait si elle dévoilait cette information.

- Ne t'inquiète pas Drago tu sais bien que je ne pourrais jamais te trahir. Mais disons... que je pourrais bien, par pure inadvertance, laissé échapper devant Cooper que tu l'a trompée avec la moitié des Serpentards.

Drago sortait en effet d'une relation tumultueuse avec la préfète mais néanmoins canon Lilliane Cooper, accessoirement meilleure amie de Pansy. Si ce n'était pas dans son habitude de faire durer ses relations plus de quelques heures, la jeune fille, surtout grâce à l'influence de Pansy, faisait exception. Le record de longévité avait donc été battu en une semaine durant laquelle le couple avait été sous les projecteurs de tout Poudlard. Bien évidemment Drago s'était permis quelques - nombreuses - infidélités.

Devant le silence du jeune homme Pansy eu un sourire satisfait et rejoignit son dortoir non sans lui avoir murmuré un "Je te laisse jusqu'au bal mon amour... ne me déçoit pas !". Drago resta immobile tout en regardant Pansy s'éloigner.

°°°
à suivre...
 

 

Pansy 2

 

Chapitre 3 : La technique du cobra

Un poudlarien non averti pourrait s'étonner de la décision de Pansy d'utiliser Drago pour arriver à ses fins. Il était en effet de notoriété que Malefoy et Parkinson convoleraient en juste noce dès la fin de leurs études. Cette rumeur avait été mise en place dès leur première année et se maintenait toujours, alimentée par Drago himself qui voyait là un bon prétexte pour inciter ses conquêtes à la plus grande discrétion et ainsi préserver sa réputation. Pansy, de son côté, ne voyait aucun inconvénient à laisser croire qu'elle était secrètement fiancé au plus beau parti de Poudlard.

L'obstacle de taille qui se dressait était la crédibilité de Drago auprès de la prude Hermione Granger : il ne faisait aucun doute que cette dernière était parfaitement au courant de la vie dissolue du serpentard et il y avait très peu de chance qu'elle lui tombe dans les bras s'il utilisait ses techniques habituelles de charme.

Assis devant son bol de corn flakes, Drago réfléchissait. Il était presque 8 heures et la Grande Salle était seulement remplie de quelques retardataires. Après le chantage de Pansy, il avait passé tout le week-end à la supplier d'utiliser quelqu'un d'autre, sa fierté malefoyenne en avait d'ailleurs pris un coup. Résigné, il utilisait les dernières minutes qu'il lui restait avant le premier round, à savoir le double cours de botanique du lundi matin en commun avec les gryffondors.

Il n'était pas dans les habitudes de Drago Malefoy de se laisser utiliser aussi facilement, mais il savait que cette vengeance servait aussi ses intérêts. Si notre beau blond préféré n'éprouvait aucune une haine particulière envers Granger, il ne l'a méprisait pas moins ; de plus il était certain de blesser également Potter et Weasley contre qui il avait une rancune tenace.

°°°

- Mr. Malefoy vous êtes en retard !

Le professeur Chourave n'avait pas pour habitude de punir ses élèves et Drago aurait très bien pu se contenter, comme à son habitude, de marmonner un mot d'excuse avant de s'asseoir sans aucune discrétion à sa table. Il n'en fit rien et répondit d'une voix mielleuse :

- Je suis vraiment désolé, professeur.

Sous les yeux médusés de l'ensemble de la classe, il se glissa jusqu’à sa table à coté de Pansy, tout en affichant un air contrit. Elle se retourna aussitôt vers lui :

- Qu’est ce que tu fabrique c’est complètement nul, tu es sensé draguer Granger pas Chourave ! siffla-t-elle.
- Laisse tomber Parkinson j’ai un plan génial, chuchota Draco, c’est moi le pro fait moi confiance.
- Pro ou pas, elle ne t’a pas adressé un regard.

Elle désigna du menton Hermione Granger qui montrait à toute la classe sa plante verte sur laquelle elle avait parfaitement réalisé le sortilège de Poussfeuilles. Elle avait exceptionnellement réussi à dompter ses cheveux bruns et Drago se surprit à penser qu’elle aurait pu être belle en s’arrangeant un minimum. Il se flagella mentalement et leva la main.

- Professeur pourriez vous me ré-expliquer le sortilège du Poussfeuilles ?
- Mais bien sûr Mr Malefoy, répondit le professeur Chourave.

Drago se leva aussitôt et s’approcha du bureau où reposait la plante. La gryffondore le regarda avec incompréhension.

- À quoi tu joues Malefoy ?
- Mais rien du tout Granger, je tente simplement de remonter ma note de botanique.

Cette explication sembla satisfaire la jeune fille qui le regarda alors d’un air compréhensif. Compréhensif ? Draco avait envie de se pincer, apparemment il était plus facile de berner la rouge et or qu’il ne l’avait cru. Il lui fit un sourire, regarda avec un pseudo-interêt la plante et écouta toutes les explications du professeur. De temps en temps, il jetait un coup d’oeil à Pansy, qui fulminait - on aurait presque put voir de la fumée jaillir de ses oreilles. Il n’adressa, en revanche, pas un seul regard à la gryffondore. Cette dernière se méfiait de l’attitude de Drago et était bien déterminée à comprendre les causes de ce revirement pour le moins brutal. Elle ne fut pas moins consternée lorsque le professeur Chourave décida qu’elle devait donner des cours de soutien à Drago qui affichait à cet instant un sourire satisfait. Sa moyenne voisinait le D et il avait besoin d’aide de toute urgence, expliqua-t-il l’air désolé.

Dès que le cours fut terminé, Pansy attrapa Drago par le bras et le traîna littéralement jusqu’au bord du lac. Elle se recula, comme si par ce geste elle prenait de l’élan pour mieux le frapper, et lui cracha :

- C’est ça ton plan minable ? Tu me fais bien rire, on dirait Gary Roberts en train de discuter avec une fille !

Gary Roberts avait la réputation d’être le poufsouffle le plus coincé de tout Poudlard, il était littéralement né avec un parapluie dans le derrière et l’insulte ne fut pas du tout du goût de Drago. Il s’avança lentement ver Pansy.

- Tu as vraiment un gouffre à la place du cerveau Parkinson. Mon plan "minable" a très bien marché, Granger me donne maintenant des cours de soutien en botanique. Technique du cobra, exposa-t-il, phase 1 hypnotisation : se transformer en parfait gentleman et trouver un moyen de passer le plus de temps avec la personne concernée. Phase 2 approche : faire parler le langage du corps.
- Et la phase 3 ?
- L’attaque.

Il savoura l’air interloqué de Pansy.

- Ne te mêle plus de cette histoire Pan’, je suis parfaitement capable de me débrouiller tout seul.

°°°

Dès la fin du cours de botanique Hermione était retournée dans la salle commune de Gryffondor accompagnée d’Harry et de Ron qui tentait vainement de la réconforter.

- Herm’, ne t’inquiète pas s’il te fait quoique ce soit je l’écorche vif !
- Ouais Harry t’a complètement raison, on le décapite et on le pends !
- Ron c’est naze tu peut pas le décapiter puis le pendre, réfléchis un peu !

Il s’en suivit une joute verbale entre les deux jeune homme sur la meilleure manière de châtier le serpentard jusqu’à ce qu’Hermione se lève, excédée, et parte en courant s’enfermer dans son dortoir. Elle se jeta en larme sur son lit et repensa au sourire narquois de Drago. « Pourquoi ça m’arrive à moi, j’en ai marre d’être la poire de service ! » Elle se tortura l’esprit pour trouver le mobile des agissements du jeune homme. Pourquoi le serpentard avait-il demandé des cours de soutien ? restait la principale de ses questions. S’il était vrai que son profond désintéressement pour la Botanique avait amené ses notes à des profondeurs abyssales, il était très étrange qu’il accepte de l’aide de sa part.

°°°

Le soir même, Hermione travaillait dans la salle commune, comme à son habitude. Ron et Harry venaient de terminer une partie d’échec et discutaient près du feu, il régnait sur la salle commune une atmosphère de paix… plus pour longtemps. Déjà Harry, prenant son courage à deux mains s’approche de sa studieuse amie et s’assoit à ses côtés. Il s’informe sur son travail l’air de rien et jette de temps en temps des regards à Ron qui l’épie, anxieux, caché derrière un fauteuil. Excédée, la jeune fille referme son livre et se retourne vers lui.

- Harry, ça fait cinq ans que je te connaît, je sais très bien que quand tu fais cette tête là tu as quelque chose à me demander.
- Euh... Mais pas du tout Hermy ! Enfin…
- Tu veux que je te passe ma dissertation sur les philtres de vérité c’est ça ?
- En fait je me demandais si tu avais quelqu'un pour le bal…

Hermione resta pétrifié. Harry était-il en train de lui demander d’aller au bal avec lui ? Mais non il y allait déjà avec Ginny, c’était donc forcément que… Elle jeta un rapide regard vers le fauteuil où se trouvait l’infortuné.

- Pardon ? Ne me dit pas que Ron t’a demandé de me poser cette question ?

Harry fut pris de court et jeta un regard désolé au fauteuil où une touffe de cheveux roux dépassait. Hermione basculait lentement en mode folie-furieuse : des plaques rouges apparaissait sur son visage et sa mâchoire se contractait à vue d’œil.

- Écoute Hermione, il est un peu timide, il n’osait pas te demander d’aller au bal avec lui… Tu sais bien que depuis cet été…

La jeune fille parut soudain très triste. Elle aurait visiblement préféré oublier cet épisode douloureux. Elle se plongea dans les souvenirs de cet été durant lequel elle s’était rapproché comme jamais de Ronald et était sortit avec lui jusqu’à ce qu’il l’humilie devant toute la famille Weasley au grand complet en racontant à Fred et Georges en détail leur premier baiser. Hermione avait profité de l’occasion pour rompre sans trop blesser Ron. Elle s’était rendu compte que les sentiments qu’elle éprouvait depuis toujours envers le rouquin tenait plus de l’amitié que de l’amour.

- Harry, reprit-elle d’un ton las, ce n’est pas de la timidité c’est de la lâcheté et tu le sais aussi bien que moi.
- Vous ne rêvez que d’une chose tout les deux : vous remettre ensemble !
- Non Harry pour ma part c’est finit. Ça n’a jamais vraiment commencé en fait… Il vaut peut-être mieux que nous restions amis.
- Et qu’est ce que je lui réponds ?
- Tu n’as qu’à lui dire la vérité, que j’y vais déjà avec Edwin Tiller.

Elle ramassa ses affaires et alla se coucher non sans avoir jeté un dernier sourire éclatant peu hermionesque à un Harry trop étonné pour réagir.

°°°

à suivre...

 

Gary 1

 

Chapitre 4 : Lilliane de toi

Le lendemain même Drago et Hermione se retrouvait dans une salle de classe désaffectée aux alentours de huit heures du soir. Le serpentard détacha lentement sa cravate et otât son pull dans un mouvement très sensuel.

- Écoute Malefoy, je ne sais pas comment tu t’es débrouillé pour obtenir de Chourave que je te donne des cours de soutien mais je te conseil de ne pas faire le malin avec moi.
- De quoi as tu peur Granger ? répondit-il d’une voix traînante. Je ne vais pas te sauter dessus...

Elle eut un petit rire nerveux.

- Tu délires Malefoy... Bon j’ai préparé un petit programme de travail.
- Très bien, répondit un Drago docile qui sentait qu’il fallait calmer le jeu entre eux deux.

Hermione allait de surprise en surprise mais tout ça la mettait extrêmement mal à l’aise. Elle n’était ni très romantique ni l’une de ces jeunes filles qui se font d’improbables films sur des amours tout aussi improbables. Très terre à terre et ayant cru pendant de nombreuses années être amoureuse de l’un de ses amis, elle n’imaginait pas une seule seconde que le serpentard essayait de la séduire.

Drago fut adorable tout au long de l’heure, prévenant envers Hermione et incroyablement studieux. Le cours se passa sans encombres et ils s’en repartirent chacun de leur côté dans des états d’esprits très différents. Drago était ravi de sa première approche qu’il croyait parfaitement réussie, Hermione plus perplexe n’avait pas été dupe et se demandait simplement pourquoi le vert et argent faisait tout cela.

°°°

Sur le chemin du retour Drago se perdit dans ses pensées, il était troublé. Non pas troublé, étonné. Mais de quoi ? « Granger est très intelligente, ça c’est sûr mais ce n’est pas un scoop. » La vérité le frappa de plein fouet et il s’arrêta net en plein milieu du couloir. La constatation s’imposa à lui : il n’avait jamais autant discuté avec une fille, même si en l'occurrence toute la conversation avait tournée autour de la botanique, sans que ça se finisse dans un coin désert de Poudlard. Finalement ce n’est pas si désagréable ça, se dit le jeune homme, comme un mélange de séduction en filigrane et de découverte d‘une manière de penser, de fonctionner, de parler, assez différente de ce qu‘il avait l‘habitude avec ses amis serpentards. Des amitiés cyniques et creuses qui se transformaient en compétition de virilité. Il se rendait soudainement compte de tout ce qu’il avait perdu en s’imposant aux yeux de la gente féminine comme un serial lover. Et Pansy ? Pansy ce n’est pas la même chose, se dit le blond avec mélancolie, c’est la sœur que je n’ai jamais eu.

- Mais qui voilà… Drago Malefoy en personne.

Drago aurait reconnu cette voix entre mille. Il se retourna avec le fort sentiment de porter une malédiction dans son sillage.

- Lill…
- Mon prénom c’est Lilliane, reprit la jeune fille d’un ton sec.

Elle n’aimait pas qu’on écorche son nom, sur ce point là ils se ressemblaient. La jeune fille s’approcha de Drago avec l’air d’un chien qui va vous mordre d’un instant à l’autre. « Oh je n’aime pas ça du tout…» pensa le serpentard qui aurait rêvé de partir en courant. Il savait par Pansy que la jeune fille ne lui avait jamais pardonné leur rupture.

- Eh bien… je crois que je vais te donner  une heure de retenue pour maraudage dans les couloirs à une heure tardive, dit-elle d’un ton doucereux qui faisait étrangement penser à Ombrage infligeant les pires punitions.
- Tu ne peux pas faire ça.
- Et qui m’en empêchera ? Je suis préfète, je te rappelle.

Drago avait une furieuse envie de la frapper. Il était face à un dilemme cornélien : soit il avouait à Lilliane les raisons de sa présence et était sûr que le lendemain tout Poudlard saurait que le ténébreux et sexy héritier des Malefoy prenait des cours de rattrapage, soit il acceptait la punition et bafouait tout ses principes d’honneur.

Il choisit une autre option et l’embrassa brutalement. Il n’y avait aucun sentiment dans ce baiser seulement du désir mais cela leur convenait à tout les deux. Leurs lèvres se menaient un combat impitoyable tandis que leurs corps se pressaient l'un contre l'autre dans des mouvements brusques et passionnels.  En sentant la serpentarde devenir plus entreprenante, Drago sourit intérieurement, il était sûr qu’elle souhaitait aller beaucoup plus loin mais lui n’en avait aucune envie. Il se détacha de ses lèvres et la regarda d’un air charmeur.

- Je crois que je vais aller me coucher mon amour. Fais de beaux rêves…

Et sur ces mots il s’en alla, laissant la serpentarde pleine de la promesse informulée d’une nouvelle aventure entre eux. Aurait-elle pu se douter une seule seconde que le serpentard cherchait seulement à cacher qu’il passait une heure par soir avec la très gryffondorienne Hermione Granger ? La jeune fille était persuadée de son charme sur  Drago, charme qui n’était pas inexistant : elle avait de grands yeux bleus mis en valeur par son teint pâle et de longs cheveux blonds qui dessinaient des boucles parfaites sur ses épaules ; toujours apprêtée avec soin elle était savait mettre à partie les proportions canoniques de son corps. A bien des égards, Lilliane Cooper était la plus jolie fille de tout Poudlard.

Pourtant Drago ne ressentait plus rien à son égard. Entre Cassandra Adams et Lilliane, il avait sa dose de jolies-sepentardes-aux-cheveux-blonds ne rêvant que de se pendre à son bras devant le tout Poudlard. Il pensa alors à Pansy, si différentes de ses poupées en uniforme vert et argent. Elle n’était pas spécialement jolie mais elle avait du charme, de la vivacité et une certaine répartie.

Il allait bien tôt se rendre compte qu’elle n’était pas la seule dans ce cas-là.

°°°

De son côté Hermione n'arrivait pas à trouver le sommeil, les agissements du serpentard l'obsédait. Sentant qu'elle n'arriverait de toute façon pas à s'endormir elle se leva et jeta sa cape sur ses épaules. Depuis longtemps, Hermione avait trouvé un passage secret qui commençait sous le tableau de Godric Gryffondor et se terminait sous le sablier des Serpentards dans le hall. Avoir l'Histoire de Poudlard pour livre de chevet servait au moins à ça. Elle se faufila jusque dans le parc et s'assit au bord du lac.

Si soudainement qu'elle ne l'avait pas entendu approcher, elle vit un faucon se poser doucement à ses côtés. Si Hermione en avait su plus sur les faucons, elle aurait trouvé son comportement extrêmement bizarre, mais la rouge et or ne s'était jamais vraiment intéressé à la zoologie moldue. Elle tendit la main et le faucon vint s'y poser sans même l'écorcher de ses griffes. Un ange passa et la jeune fille approcha une main tremblante de la tête de l'animal puis timidement le caressa.

- Tu sais que tu es mignon toi... Tu as les plumes toutes douces. Tu ne me comprends pas n'est ce pas ? Ça n'a pas d'importance. Je suis sûr que si tu pouvais parler tu me dirais pourquoi Malefoy est si gentil tout à coup, tu penses qu'il me veut du mal ?

Elle resta plusieurs minutes à lui caresser la tête. Le faucon posa sur elle ses grands yeux gris et pencha légèrement la tête comme s'il la comprenait. Elle se sentit tout à coup extrêmement ridicule de converser ainsi avec un faucon en plein milieu de la nuit. Elle posa délicatement le faucon sur le sol et retourna dans la tour de Gryffondor tremblante de froid.

°°°

Le lendemain, Hermione n'avait plus qu'un très vague souvenir de son passage au bord du lac et de sa rencontre avec le faucon. Son esprit terre-à-terre lui criait que c'était un simple rêve mais la plume qu'elle avait retrouvée au matin sur sa chemise de nuit lui disait le contraire. Très en forme, elle alla s'asseoir à la table du déjeuner et adressa même un sourire à Ronald qui lui répondit de bonne grâce jusqu'à ce qu' Edwin Tiller, qui s'approchait résolu de la table des Gryffons, fasse disparaître toute trace de bonne humeur sur son visage. Il s'assit à côté d'Hermione.

- Salut Hermione!
- Salut Edwin, répondit la jeune fille.
- Je t'en pris appelle moi Ed... Je voulais juste te demander ce que tu faisais ce week-end, parce qu'il y a une sortie à pré-au-lard et je me disais qu'on... pourrait y aller ensemble.

Il lui jeta un regard plein d'un espoir que la jeune fille s'empressa de concrétiser en lui promettant de l'accompagner. Elle s'était toujours bien entendu avec le serdaigle mais avait été très étonnée qu'il lui demande d'être sa cavalière. Elle lui lança tandis qu'il s'éloignait :

- A plus tard... Ed !

Deux personnes n'avaient rien perdu de cette petite scène : Ronald Weasley et Pansy Parkinson. Si le premier s'était depuis bien longtemps résigné, la deuxième brûlait de sa vengeance inassouvie.

- Tu ne perds rien pour attendre... murmura la serpentarde.

°°°

à suivre...

 Lilliane 

Chapitre 5 : To be or not to be

Le mercredi, Hermione se leva avec l'horrible sensation d'avoir avaler un calamar géant. Sa nuit écourtée n'y était pas pour rien et elle acheva de se réveiller avec une douche glacée. Toute la journée elle fut dans un état de somnolence avancée et ne parla presque pas avec Harry et Ron. D'un côté ce mutisme l'arrangeait, mais de l'autre elle avait peur de voir les amis qui comptaient le plus pour elle s'éloigner peu à peu.

En se rendant à son deuxième cours avec Drago elle ne se sentait pas tellement mieux et dut faire un effort pour ne pas s'asseoir. Au détour d'un couloir, elle entendit deux personnes parler avec vivacité. Reconnaissant les voix de Drago et de Pansy, elle s'arrêta et se dissimula derrière la statue de Hurk le Baveux.

- Je te signale que je fais ce que je veux ! hurlait le serpentard.
- Oui mais là il s'agit de ma meilleure amie que tu as déjà traitée comme un vieux chiffon usagé !
- C'est elle qui m'a sauté dessus et tu le sais aussi bien que moi.

La jeune fille savait que c'était l'exacte vérité et ne put rien répondre. Elle se contenta de lui jeter un regard noir et de lui murmurer.

- Fait au moins en sorte que ça ne gâche pas notre plan. Il ne faut surtout pas que...

Hermione ne put malheureusement pas entendre la suite - ce qu'elle aurait adoré - car ce fut le moment que choisit la bombabouse, que Peeves avait "malencontreusement" laissée là une heure plus tôt, pour exploser. La jeune fille fut tellement déboussolée par l'odeur putride qui s'en dégageait qu'elle ne pensa plus qu'à se précipiter dans la salle de la classe où se tenait les cours de rattrapage.

Quelques minutes plus tard Drago y fit irruption, l'air très énervé. Il sortit ses livres de son sac et les balança sur la table la plus proche. Hermione, intimidée par la colère du jeune homme, ne put que rester pétrifiée à la vue du sac qui se déchira et laissa choir tout son contenu.

- Oh je suis vraiment désolé ! couina-t-elle.

Elle ne pouvait s'empêcher de s'excuser à tout bout de champ même si elle n'était pas directement impliquée. A force de s'entendre dire qu'en temps que moldue elle n'avait pas sa place à Poudlard, elle se sentait presque obligée de sans cesse se justifier et de travailler trois fois plus que les autres. Confuse, elle l'aida à ramasser les livres éparpillés jusqu'à ce que sa main rencontre un livre qu'elle connaissait bien. Machinalement elle lu le titre : Hamlet, William Shakespeare. La surprise fut si grande qu'elle ne put s'empêcher de balbutier :

- Tu connais Shakespeare ? Mais c'est un auteur... moldu !

Le serpentard se retourna vers elle et lui dit doucement.

- Il y a plein de choses que tu ignore de moi... Hermione.

Si elle était étonnée par cette révélation, elle le fut encore plus en l'entendant l'appeler par son prénom. Elle se sentait presque troublé par le regard du serpentard. Tout cela était si irréel qu'elle se réfugia dans le seul repère qui lui restait à cet instant :

- Bon et si on s'y mettait ? dit-elle d'une voix un peu trop aiguë pour être naturelle.
- C'est dingue, se moqua gentiment le serpentard, tu ne penses qu'au travail ! Il y a une vie en dehors des études.
- Je le sais très bien, répliqua Hermione d'un ton sec.
- Et si on allait à ensemble à Pré au lard ce week-end ? Ça nous permettrait de faire... des travaux pratiques.
- Hors de question ! De toute façon j'y vais déjà avec...
- ... Edwin Tiller, compléta Draco. Comment je le sais ? Facile, ce niais est allé le clabauder partout.

Hermione sentit son coeur se glacer.

- Tu racontes n'importe quoi ! hurla-t-elle.

Pour seule réponse, Drago ricana. La jeune fille se sentait complètement perdue. Comment pouvait-il changer de caractère aussi facilement ? Le serpentard était simplement extrêmement jaloux qu'un serdaigle puisse le supplanter, ce qu'elle n'aurait pu imaginer une seule seconde. Si au début l'atmosphère resta glaciale, ils furent soudainement pris d'un fou rire incontrôlable en se rendant compte qu'ils avaient pris exactement la même position pour travailler, jusqu'à la position des jambes.

Le reste de l'heure se passa assez calmement et ils échangèrent très peu de paroles qui ne soient pas en rapport direct avec la botanique.

°°°

C'est seulement le samedi matin qu'Hermione se rappela qu'elle avait promis à Edwin de l'accompagner à Pré au lard. Elle se demanda quelques minutes comment elle avait pu l'oublier aussi facilement jusqu'à ce que la réponse s'impose à elle : Drago Malefoy. Elle s'en voulait terriblement d'apprécier les heures qu'ils passaient ensemble même si ils ne se parlaient pas beaucoup. Elle ne passait plus autant de temps avec Harry et Ron et finalement, se rendit-elle amèrement compte, eux non plus ne faisait rien pour y remédier.

Si elle n'oubliait en aucun cas toutes les épreuves qu'ils avaient traversées ensemble et qui avaient forgées leur amitié, elle se rendait compte que sa "relation" avec Draco lui apportait quelque chose de différent. Le serpentard ne la considérait pas comme une Miss-je-sais-tout-dont-on-peut-allégrement-pompé-tout-les-devoirs mais comme une personne digne d‘intérêt. Enfin... pendant leur tête à tête en tout cas. Quand la jeune fille le croisait dans les couloirs, ce qui arrivait assez rarement, il ne lui adressait qu'un discret signe de tête, même pas un bonjour. C'était comme si l'intervalle de temps où ils se retrouvaient était un espace à part où ils oubliaient leurs querelles passées.

On s'habitue à tout, soupira Hermione, même à passer ses soirées avec son pire ennemi... ou avec un faucon. Tous les soirs elle montait en haut de la Tour de Gryffondor et le faucon venait la rejoindre. Elles passait de longs moments à lui raconter ses, journées, sa peur de perdre ses meilleurs amis et la relation si étrange qu'elle avait avec le garçon qu'elle détestait le plus. L'animal l'écoutait, attentif, et s'envolait dès qu'elle repartait se coucher. Quand des larmes coulaient le long de ses joues il tentait de les essuyer avec son bec.

°°°

Au même moment, dans la salle commune des serpentards, deux adolescents discutaient avec animations. L'un, blond et particulièrement sexy, se tenait affalé sur un canapé émeraude, l'autre, une jeune fille aux cheveux de jais, lui tournait autour à la manière d'un vautour affamé.

- Ne t'inquiète pas Pan', j'ai la situation bien en main. Au fait, le coup du bouquin moldu, pas mal du tout ! Ça a super bien marché. Tu es est un vrai cerveau Panssounette.
- Panssou... QUOI ? s'offusqua la serpentarde. Tu n'as pas du tout la situation bien en main Malefoy, met toi bien ça dans le crâne ! Il ne reste plus que deux semaines avant le bal et à ce que je sache tu n'as toujours pas ne serait-ce qu'emballer Granger.
- J'ai toujours dit que tu avais un ognon avarié à la place du cerveau... Panssounette ! il est hors de question, pour l'instant, de tenter quoi que ce soit avec Granger. Tu veux vraiment que je me ramasse une baffe ?

La serpentarde stoppa son mouvement rotatoire.

- La n’est pas la question Drago ! Tu te débrouilles pour accélérer le mouvement...

°°°

à suivre...

 

Ronald

Chapitre 6 : Just a kiss

Malgré un froid mordant, la journée était exceptionnellement ensoleillée pour un mois de Novembre et promettait d’être belle. Hermione, bien décidée à en profiter, discutait gaiement avec Edwin tandis qu’ils remontaient l’avenue principale dans l’espoir d’aller boire une chope de Bierraubeurre pour se réchauffer. C'est ainsi que, plaisantant et riant, ils entrèrent aux Trois Balais.

- Trouve nous nous une table, je m'occupe des Bierreaubeurres ! lui dit Edwin d'un ton enjoué.

Hermione se faufila entre les tables bondées. À son grand désespoir, il ne restait qu'une table de libre dont les voisins les plus proches n'étaient autres que Drago Malefoy et Lilliane Cooper en grande activité buccale. Un peu embarrassée, Hermione alla s'asseoir à la table tout en essayant de ne pas regarder les deux serpentards. Au moment précis où il la vit, Drago cessa d'embrasser la jeune fille et lui jeta un regard gêné.

Hermione détourna son regard pour voir arriver Edwin chargé de deux chopes de Bièraubeurre remplies à ras bord. Sans même savoir pourquoi, la jeune fille se sentait atrocement désorientée. Elle ne voulait pas s'avouer à elle-même que la vision de Draco en train d'échanger sa salive avec une jolie blonde avait provoquée chez elle la sensation qu'on lui enfonçait un poignard sous le coeur. Elle se reprit rapidement et sourit au serdaigle. Elle ne savait plus du tout comment engager la conversation. Au moment où elle s'apprêtait à lui demander des nouvelles de sa famille, une éruption de boutons violets apparut sur la figure du serdaigle qui se mit à hurler en se voyant dans sa chope de bière. Hermione se demanda pourquoi elle avait l'impression de vivre dans un cauchemar perpétuel, les évènements s'enchaînaient si rapidement qu'elle avait le sentiment d'être une simple spectatrice détachée de son corps.

- Oh Ed quelle horreur, viens on va à l'infirmerie... dit-elle pleine de compassion.
- Non Hermione, je ne voudrais pas gâcher ta journée, ne t'inquiète pas je vais me débrouiller tout seul, la rassura Edwin.

Il transplana si soudainement qu'Hermione eut un sursaut de surprise. Elle paya les consommations et sortit très en colère contre le serdaigle de l'avoir planté là. Elle erra un peu au hasard dans Pré au lard et pensait retourner à Poudlard lorsqu'elle aperçu un magnifique jardin qu'elle ne connaissait pas. Elle poussa le petit portique et se balada entre les fleurs. Il aurait été stupide de ne pas profiter de cette magnifique journée, se dit-elle en s'enfonçant dans les allées. Le soleil d'hiver caressait sa peau et c'était une sensation qu'Hermione adorait. Elle respira l'air pur et glacé avec délice.

Au détour d'un chemin, la gryffondor vit un puit en pierre surmontée d'un petit toit en bois. Elle alla s'asseoir sur la marelle et se pencha. L’eau était si claire qu’elle pouvait y voir son visage, mais ce n’était pas le seul qu’elle y vit.

°°°

Pansy n’était pas le genre de personne qui faisait extrêmement attention à son apparence. Ses cheveux n’étaient jamais attachés, plus par paresse que par désir de séduction, et elle se maquillait très rarement. Pourtant ce jour là, la jeune fille se trouvait dans une boutique qu’elle n’avait pas l’habitude de fréquenter : Irina Charms, la boutique de robes de bal la plus huppée de Pré au lard. Elle était accompagnée de Cassandra Adams et de Lilliane Cooper. Si sa meilleure amie c’était mis en tête de lui raconter dans les moindre détail son rendez-vous avec Drago, Cassandra ne lui avait pas adressé un mot.

- Oh Pan’ si tu savais comme il embrasse bien, s’extasiait la jolie blonde sous l’oeil furieux de Cassandra.

Pansy poussa un soupir d’exaspération.

- Lill je croyais qu’on était ici pour essayer des robes, c’est bien pour ça que tu as écourté ton rendez-vous avec Malefoy alors autant que ça n’est pas été inutile.

L’argument sembla faire mouche et la jeune fille, dédaignant les robes que lui présentait une vendeuse tirée à quatre épingles, parcourue les rayons avec un air hautain. Soudain elle poussa plusieurs cris de ravissements.

- Pan’ chérie, j’ai trouvé exactement ce qu’il te fallait ! Oh Darling, tu vas être adorable dans cette robe !

Sous l’oeil horrifié de la brune, elle lui présenta un fourreau en soie rose garnie de volants et littéralement recouvert de paillettes argentées.

- Euh... j’aimerais un truc un peu plus soft si tu vois ce que je veux dire... je crois que je vais chercher moi même... dit-elle d'un ton déterminé.

Après quelque minutes de recherche, elle dénicha une robe de couleur vert pâle brodée de feuilles d'un vert plus foncé et de petites fleurs blanches, elle était serrée sous la poitrine par un ruban de soie blanche qui se terminait par un noeud juste sous le décolleté. La devant de la robe, fendu, laissait entrevoir un jupon d'un vert plus foncé. Après essayage il s'avéra que la robe lui allait parfaitement et Pansy n'en était que plus ravie de sa découverte. Son amie, quant à elle, eu un reniflement de mépris qui laissait clairement entendre que la robe n'était pas à son goût, mais la jeune fille était trop heureuse pour en tenir compte. La robe de Lilliane se terminait sous les genoux et possédait un décolleté vertigineux agrémenté de paillette. Sa couleur argentée attirait le regard et donnait à la serpentarde une allure d'actrice hollywoodienne. Pourtant, Pansy ne la trouvait pas du tout à son goût et se contenta de lui lancer un "ravissant" peu sincère.

Les achats terminés, les trois jeunes filles se rendirent dans la bijouterie de Pré au lard et parcoururent les rayons en s'extasiant. Pansy acheta une fine chaîne en argent au bout de laquelle pendaient un petit lys blanc et un diadème de lys tressé. Sur le chemin du retour la serpentarde se sentait profondément heureuse, elle ressentait une joie jusqu'alors inconnue qu'elle ne chercha pas à analyser et à laquelle elle s'abandonna avec bonheur.

°°°

Hermione scruta son visage dans l'eau claire. Elle ne se sentait pas particulièrement belle mais n'avait jamais trouvé quoique ce soit dans sa figure qui puisse la faire basculer dans la catégorie des personnes au physique disgracieux. La rouge et or ne passait pas sa vie devant un miroir mais elle connaissait bien ses traits. Sa bouche était un peu fine et ses yeux chocolats lui paraissait affreusement banals, elle aurait adoré avoir les yeux bleus et la bouche pulpeuse. "Comme Lilliane Cooper" pensa-t-elle malgré elle. La jeune fille se sentit soudain confuse et se perdit dans la contemplation de l'eau.

A côté de son visage, qu'elle n'osait plus regarder elle aperçu une forme indistincte. La forme se précisa et son esprit, détaché de son corps, put reconnaître un visage illuminé par deux yeux gris et surmonté de cheveux blonds si pâle qu'ils étonnaient chez un être aussi jeune. Les yeux chocolat rencontrèrent les yeux gris dans le miroir de l'eau et ne s'en détachèrent plus. L'esprit troublé d'Hermione amorça alors un lent retour à la réalité et au monde matériel : elle ressentit avec force le froid de la pierre sous ses mains et la pureté de l'air qu'elle respirait.

- Drago...

°°°

Le hall de l'école n'était pas spécialement bondé, les élèves ayant préféré profiter du soleil s'étant éparpillés dans le parc. Pansy jeta un regard autour d'elle et ses yeux s'accrochèrent sur un visage qu'elle connaissait bien. Elle ne put malheureusement pas empêcher ses joues de rougir mais repris rapidement contenance.

- Ed ! Qu'est ce que tu fais là ?
- Oh Pansy c'est toi, répondit le serdaigle d'un ton enjoué, j'imagine que tous les élèves sont rentrés désormais... Tu n'as pas vu Hermione par hasard ?

Le prénom lui lacéra le coeur. Pinçant les lèvres la serpentard se contenta de secouer la tête. Edwin reprit:

- Je reviens de l'infirmerie et j'aimerais bien la retrouver.
- L'infirmerie ? Que t'est-il arrivé ?
- Une éruption de boutons, sûrement une mauvaise blague... J'ai du abandonner Hermione, tu crois qu'elle l'a mal pris ? l'interrogea-t-il l'air anxieux.

Le visage de Pansy se figea.

- Oui sûrement... une mauvaise blague. Elle comprendra.

Le serdaigle lui fit un petit signe de la main et se dirigea vers la grande salle mais la jeune fille resta immobile à le regarder partir. Elle murmura entre ses dents :

- Une mauvaise blague... tu vas me le payer très cher Malefoy...

°°°

La capacité d'analyse et l'intelligence d'Hermione lui avaient toujours permis de faire face aux situations les plus périlleuses qui se présentaient devant elle. C'est elle qui avait sauvé Harry et Ron des tentacules du filet du diable, elle qui avait élucidé le mystère du monstre de la Chambre des Secrets, elle qui avait combattu les mangemorts aux côtés de Harry lors de leur cinquième année. Plus son environnement était dangereux, plus elle raisonnait avec sang-froid. Mais à cet instant précis, alors que son pire ennemi s'approchait d'elle avec lenteur, elle se trouvait incapable d'esquisser le moindre geste ni même de formuler une pensée cohérente. Elle sentait distinctement chaque battement de son coeur, les couleurs ne lui avait jamais paru aussi vives, les odeurs aussi subtiles et les sons aussi nets. Alors que le jeune homme était plus proche d'elle qu'il ne l'avait jamais été, elle resta immobile et se contenta de regarder son visage s'approcher du sien.

Les lèvres de Drago se joignirent aux siennes et elle cessa de percevoir tout ce qui l'environnait. Plus rien ne comptait désormais que la sensation de la bouche du serpentard sur la sienne et la douceur de sa main sur sa peau.

°°°

à suivre...

 

Drago

 

Chapitre 7 : Du rififi chez les Gryffis

La salle commune était pour les élèves de Poudlard l'une des pièces les plus importantes. Elle était à la fois un lieu de rassemblement, une salle d'étude et un espace à la portée sociologique intense. Alors que le couvre-feu était instauré depuis une bonne heure, l’ensemble des Gryffondors s’y était réuni pour se livrer à leur activité préférée, à savoir organiser leur prochaine offensive contre les serpentards. Georges et Fred Weasley étaient, comme à leur habitude, au centre du cercle et avaient pris l’attitude de généraux militaires.

- Chers camarades, commença Georges d’un ton ampoulé, pour la dernière opération on peut parler de...
- ...fiasco ! compléta Fred sous les rires amusés des ses camarades.

Malgré l’ambiance chaleureuse qui régnait dans la salle commune, une personne s'était mise à l'écart et ne partageait pas la liesse générale. Hermione Granger s'était en effet isolée dans l'un des vastes fauteuils carmin de la pièce et lisait son manuel de métamorphose. Ses sourcils étaient si froncés qu'ils se rejoignaient presque au dessus de son nez et ses yeux rouges laissaient penser qu'elle avait récemment pleurée. Ginny Weasley, en parfaite amie, s'approcha d'elle et lui tendit un paquet de chips magiques.

- Non merci Ginny c'est gentil mais je dois absolument terminer ma dissertation pour demain, répondit sèchement la jeune fille à sa proposition muette.

La rousse soupira avec lassitude et s'assit sur l'accoudoir.

- Hermione tu confonds travail et surmenage ! Comme je dis toujours : "Le travail c'est la santé, rien faire c'est la conserver ".

Elle conclut son proverbe d'un petit mouvement de tête satisfait et arracha soudainement le livre de métamorphose des mains d'Hermione. La brune s'évertua sans succès de lui reprendre et finit par s'enfoncer dans le velours rouge avec un air renfrogné.

- Qu'est ce qui ne va pas ? demanda Ginny d'un ton plus doux.

Les yeux d'Hermione laissèrent échapper quelques larmes et se tournèrent vers une Ginny interloquée. La jeune fille n'avait, en effet, pas pour habitude de laisser échapper ses sentiments et se confiait rarement à elle.

- J'ai fait quelque chose d'horrible, murmura Hermione.

°°°

La patience n'était pas la principale qualité de Pansy, on peut même dire que l'impatience était son pire défaut. Son autorité naturelle la rendait irritable lorsqu'on a la faisait attendre ou quand elle n'avait pas tout de suite ce qu'elle désirait. Sans être capricieuse, elle aimait contrôler son environnement et manquait cruellement de modération et de sang-froid. Son humeur ne s'améliora pas d'un poil à la vue de Blaise Zabini, le soi-disant meilleur ami de Drago. Le voyant s'approcher d'elle elle aboya un "Qu'est-ce que tu veux ?" des moins aimable. Le jeune homme eût un petit sifflement de surprise qui ne fit que l'exaspérer davantage.

- Pan' ma chérie tu ne t'améliore pas avec l'âge dis moi.
- Fous moi la paix.
- Peut-on savoir qui tu attends avec cette admirable ténacité ? demanda ironiquement le serpentard.

Avec un long soupir de lassitude elle laissa échapper un "Malefoy" des plus guttural.

- Désespérant, commenta Blaise, tu n'as toujours pas compris qu'il était avec Cooper, ma pauvre Pansy tu as désormais autant de chance de sortir avec lui que McGonagall. Tandis qu'avec moi...

Il lui lança un regard charmeur qu'elle ignora superbement.

- Drago et moi sommes AMIS abruti. Je te rappelle que...

Elle ne devait jamais finir sa phrase. Son regard s'arrêta sur Drago qui venait de franchir la porte de la salle commune. Il avait l'air furieux et une joue beaucoup plus rouge que l'autre.

°°°
Hermione pleurait désormais à chaude larme sous l'oeil impuissant de son amie.

- Tu veux en parler ? demanda la rousse.
- D'accord mais pas ici, sanglota Hermione, je ne veux pas que tout le monde me voit pleurer.

Ginny passa en mode efficacité absolue. Elle se précipita à la fenêtre et poussa un cri perçant qui ne manqua pas d'alerter ses camarades qui admirait un Fred transformé en canard par les soins de son propre frère.

- Vous n'allez pas me croire, je viens de voir Rusard en slip panthère traverser le parc en courant ! hurla-t-elle.

Il s'en suivit un énorme tohu-bohu et tous les élèves se précipitèrent à la fenêtre sous les "coin coin" désespérés de Fred. Ginny traversa la salle commune telle une flèche sans oublier d'attraper une Hermione interloquée. Les deux jeunes filles se précipitèrent dans leur dortoir et fermèrent la porte à clé. Ginny se retourna vers son amie et elles explosèrent de rire.

- Rusard en slip panthère... s'exclaffa Hermione, comment tu as eu cette idée ?
- Secret Weasley ! répondit Ginny d'un ton mystérieux.

La rousse était pleinement satisfaite par la réussite de son plan qui avait eu exactement l'effet qu'elle désirait. Non seulement Hermione avait quitté son humeur morose, mais elles se retrouvaient désormais à l'abri des regards indiscrets. Elle attrapa Hermione par le bras et l'assit sur le lit le plus proche.

- Et maintenant tu vas tout me raconter Herm', qu'est ce qui te met un état pareil ? Tu as rompu avec Tiller, hasarda-t-elle. Bon c'est vrai que techniquement vous ne sortez pas encore ensemble... Dis moi ce qui ne va pas je peut peut-être t'aider.
- J'ai embrassé Malefoy.

°°°

Les élèves s'écartèrent terrifiés de son passage, il était notoire que lorsque Drago était dans cet état là il fallait éviter de se mettre en travers de son chemin. Il passa devant Pansy sans même s'arrêter et se précipita dans son dortoir. La brune était trop étonnée pour réagir et Blaise ne put s'empêcher de lui murmurer :

- Alors Parkinson, on se résout enfin à l'évidence.

Pansy eut un mouvement rageur et se dirigea vers le dortoir. Elle claqua la porte et se posta juste devant le lit sur lequel était affalé Drago.

- On peut savoir ce qui se passe dans ta tête de piaf Malefoy ? Je savais depuis le début que tu étais un incapable mais ça ne t'autorise pas à te venger sur Edwin. Maléfice du Poussbouton ? C'est digne d'un poufsouffle de première année ! Mais finalement ça ne m'étonne guère de la part d'une personne même pas foutu de séduire une sang-de-bourbe...

Drago jaillit du lit et sa main se referma sur le cou de la jeune fille. Il la plaqua sur le mur et la fixa de ses yeux gris.

- Je t'interdis de l'appeler comme ça Parkinson ! C'est toi l'incapable qui s'est fait jeté par ce minable serdaigle alors ne viens pas me donner des leçons. A partir de maintenant débrouille toi toute seule, je ne marche plus dans ta sale combine.
- Arrêtes Drago tu m'étouffes, articula Pansy.

Elle se dégagea et passa sa main sur son cou meurtri.

- Tu ne peux pas faire ça, cracha-t-elle, tu oublis que...
- Je n'oublie rien du tout, répliqua Drago, mais je ne peux pas continuer. Tu voulais que je l'embrasse et bien c'est fait mais ça n'a servi à rien. Je me suis fait jeter si tu veux tout savoir.
- Vous vous êtes embrassés Dray c'est génial, le pressa Pansy, maintenant elle va plaqué Ed c'est forcé. Tu ne peux pas abandonner si près du but, susurra-t-elle d'un ton persuasif.
- Mais je ne veux pas la faire souffrir.

Pansy le regarda horrifié

- Tu es amoureux d'elle...
- Bien sûr que non.
- Oh si la vérité c'est que tu t'es fait complètement embobiné et que maintenant tu aimes cette...

Elle s'interrompit l'air dégoûter comme si aucuns adjectifs n'aurait pu convenir pour qualifier la gryffondore et reprit :

- ... Sang-de-bourbe.

La main de Drago jaillit aussitôt et il frappa la jeune fille avec tant de haine qu'elle en fut projetée contre la porte. Elle se releva lentement le visage plus pâle que jamais.

- Tu le regretteras Malefoy. Ne m'adresse plus jamais la parole.

°°°

- Ginny, je crois que je l'aime...

°°°

à suivre...

 

Ginny 

Chapitre 8 : Raisons et sentiments

Le dimanche matin était considéré par la majorité des poudlariens comme sacré ; la grasse matinée était de mise et seule la perspective de rater le petit-déjeuner pouvait se faire lever les récalcitrants. Avant cet instant honni du réveil, c'est tout le château qui semblait sommeiller et le soleil se levait dans un silence profond troublé seulement de quelques discrets ronflements. C'est pourtant à l'aube qu'Hermione se rendait à la bibliothèque, l'un de ses endroits les plus familiers du château. À cette heure, les vitres filtraient une lumière douce et rosée et la jeune fille s'apaisait à l'odeur de cuir des rayonnages et à la vue paisible des tableaux assoupis. L'un de ses préférés représentaient une jeune nymphe au bord d'un étang dont l'activité principale était de brosser ses cheveux d'or. Même si la nymphe avait un caractère épouvantable, la Gryffondor aimait contempler le lac toujours limpide et paisible.

Ce dimanche-là Hermione ne dérogea pas à son habitude mais parcouru les rayons d'un oeil distrait. Elle ne pouvait s'empêcher de penser au regard de Ginny lorsqu'elle lui avait avoué qu'elle aimait le serpentard. La rousse n'avait rien dit et lui avait seulement proposer de poursuivre la conversation le lendemain, Parvati et Lavande ayant choisi cet instant pour entrer bruyamment dans la chambre, mais l'expression de son visage exprimait un sentiment qu'Hermione ne pouvait définir. Peut-être un mélange de surprise et de... dégoût ? La jeune fille s'efforça de chasser ces pensées et se rapprocha de la fenêtre. En contemplant la forêt, elle pensa au faucon de la tour des gryffondors et regretta profondément qu'il ne fut pas venu la nuit dernière. Elle murmura aux arbres :

- Ainsi même toi tu m'abandonnes...

°°°

Drago n'avait pas pour habitude de se lever tôt et cela notamment le dimanche matin. Il aimait paresser jusqu'au déjeuner accompagné seulement d'un livre et d'une tasse de café habilement négociée aux elfes de maisons de Poudlard. Ce matin-là il fut déranger dans son sommeil par une jolie blonde du nom de Lilliane Cooper qui avait manifestement passé la nuit à ses côtés, fait dont Drago n'avait absolument aucun souvenir. Il poussa sans ménagement la jeune fille et enfila une robe de chambre en soie verte, noble héritage de feu son grand-père trentième Malefoy du nom. La jeune fille ainsi réveillée ouvrit les paupières et s'étira.

- Qu'est ce qui se passe Dray ?

A la vue de son air renfrognée elle jeta sur lui un regard inquiet et se rappela les paroles de Pansy. Cette dernière en sortant de la chambre de Drago lui avait lancée un regard condescendant avant de lui jeter un "Je te conseillerais de mieux surveiller ton copain " dont elle n'avait pu obtenir aucune explication. Ces craintes basculèrent dans la réalité plus brutalement qu'elle ne le pensait lorsque Drago se tourna vers elle.

- J'en ai assez de tout ça, dit-il brusquement, ça ne rime à rien.
- De quoi tu parles ?
- De toi et moi, répondit Drago laconiquement.

Elle le regarda éberluée et prononça d'une voix si basse la phrase fatidique que Drago ne comprit que parce que c'était exactement celle qu'il voulait entendre:

- Tu veux qu'on se sépare ?
- Oui.

Le ton froid et cynique la glaça et elle ne put que rester figée. Elle n'attendait aucune explication, que de toute façon il n'aurait pu lui donner, simplement qu'il parte. C'est ce qu'il fit. Après son départ, elle s'effondra sur le lit mais ne pleura pas. Même si c'était une idée irrationnelle elle avait l'impression que pleurer lui aurait fait trop plaisir. La haine irradiait dans tout son corps comme un feu brûlant. Elle ne ressentait aucune tristesse à son égard, juste de la haine.

°°°

Hermione retourna dans la salle commune au moment même où celle-ci se vidait, les élèves se précipitant dans la grande salle pour le petit-déjeuner. Alors qu'elle se dirigeait vers l'un des fauteuils moelleux de la pièce dans l'objectif de finir le livre emprunter une heure plutôt, elle fut interceptée par Ginny, qui la poussa sans ménagement jusque dans son dortoir.

- Herm' j'ai bien réfléchi, annonça-t-elle solennellement, et je suis arrivée à une conclusion irréfutable.
- Qui est ? questionna la brune qui aurait été amusée, connaissant bien les argumentations loufoques de son amie, si le verdict n'avait pas eu tant d'importance pour elle.
- Tu ne l'aimes pas, ce n'est pas... possible. Il faut que tu  comprennes ça Hermione...

La jeune fille murmura un "oui" peu convaincu. Abandonnant toute son argumentation Ginny se posta devant elle et lui agrippa les bras.

- Réagit, il s'agit de... Malefoy !

Hermione se leva lentement. Ginny ne comprenait-elle pas ? Devrait-elle faire face à l'incompréhension de la personne dont l'avis comptait le plus pour elle ?

- Tu crois vraiment que je n'ai pas pensé à ça ? hurla-t-elle. Que...

Ginny se recula tandis qu'Hermione sentait toute force la quitter et s'écroulait sur le lit. La jeune fille était impressionnée par l’étrangeté de cette colère. C’était elle, Ginny, qui dans l’ordre naturel des choses s’énervait, Hermione était là pour la calmer et avait plutôt tendance à ruminer qu'à laisser la colère l'envahir. Elle s’approche prudemment de son amie.

- Dis moi exactement ce que tu ressens pour lui Herm’, c’est moi la pro des relations amoureuses non ?

Hermione sourit timidement et sous le regard insistant de Ginny chercha ses mots.

- Je ne sais pas exactement, je crois... qu’il m’attire. Dès que je le voie je me sens...
- Oui ? l’encouragea Ginny.
- C’est comme si rien ne comptait plus pour moi que lui. Je ne peux pas lui parler sans me sentir gênée, je n'arrive pas à le voir ou à l'imaginer avec une autre fille sans me sentir mal. J'ai envie de... le serrer dans mes bras, de l'embrasser et de m'enfuir avec lui loin de tout ça pour ne plus vivre qu'avec lui.

Le regard d’Hermione devint vague et elle secoua la tête d’un air pensif.

- C’est complètement débile ce que je te raconte, s’exclama-t-elle tout en sachant au fond d'elle qu'elle n'avait jamais été aussi sincère. Alors ton verdict miss «pro des relations amoureuses» ?
- J’avais raison. C’est juste une attirance physique. Il te plaît car tu l’idéalises physiquement et tu oublies qui il est réellement. Ne le prends pas mal Herm' mais il vaut mieux que tu l'oublies, c'est vraiment ce que je te conseille, crois en mon expérience.

Hermione la remercia d’un signe de tête mais le verdict lui laissait un goût amer. « C’est parce qu’elle a raison » pensa-t-elle tristement.

°°°

Lilliane Cooper était autant connue pour sa détermination que pour son physique avantageux. Lorsqu’elle traversa la salle commune d’un air décidé tous les regards se tournèrent vers elle, les garçons l’admiraient et les filles la détestaient tout en la craignant. Elle s’arrêta devant un canapé en soie verte et fixa la jeune fille qui s’y trouvait et qui n’était autre que Pansy Parkinson.

- Qu’est ce que ça signifie Pan’ ? Tu me déclares « surveille ton copain » et le lendemain il me plaque. Tu savais quelque chose et apparemment tu ne t'es pas donné la peine de me le dire.

Elle avait pris soin d’être seulement entendu de Pansy mais elle n’était pas sans ignorer que tout Poudlard était au courant de la rupture du couple le plus glamour de Poudlard. Pour l’instant nul n’en savait les raisons, même si la plus probable était une n-ième infidélité du blond, et Lilliane avait bien l’intention d’en profiter.

- Je ne savais rien Lill’ je te le jure j’ai juste dit ça parce que... Drago semblait un peu ailleurs en ce moment. C’était un conseil amical, rien de plus. répliqua Pansy.
- Tu me prends vraiment pour une débile...

Devant les protestations de la brune elle agita sa main d’un air exaspéré et reprit:

- Je te donne une occasion de te racheter. J’oublierais cet incident et nous redeviendrons les meilleures amies du monde, n’est ce pas ?

Pansy connaissait le danger que représentait Lilliane en cet instant. Elle détestait avoir peur mais ne pouvait que craindre la revanche de son amie.

- D’accord. Comment puis je... me racheter ?
- Le plus simplement du monde... il te suffit de découvrir pourquoi Drago m’a plaquée.

°°°

à suivre...

Hermione 

Chapitre 9 : J'ai besoin de toi

Les couloirs de Poudlard étaient souvent bondés et bruyant. Les élèves s'y déplaçaient en masse pour se rendre à leur prochain cours et l'école devenait le théâtre d'un joyeux raffut où se mêlait bousculades et bavardages. Le Lundi matin était tout particulièrement riche de ces bruits de couloirs dont sont friands les poudlariens et les rumeurs allaient bon train. Ce lundi là, précédant le bal de Noël, toutes les conversations tournaient autours de la séparation de Drago et Lilliane. Les principaux intéressés durent supporter chuchotements et regards sur leur passage alors qu'ils se rendaient tous deux à leur cours de Soins aux créatures magiques jumelé avec les Gryffons.

Drago n'était nullement troublé de l'attention dont il faisait l'objet et ne craignait pas les questions inopportunes, Crabbe et Goyle suffisant à éloigner les curieux. Tout en se dirigeant vers la cabane de Hagrid, il chercha Hermione du regard et aperçu les boucles brunes et touffues quelques mètres plus loin. Accélérant le pas, il se rapprocha de la brune mais ne put lui adresser la parole. Hermione s'était en effet précipitée sur Hagrid pour lui proposer son aide. Pendant tout le cours, le serpentard n'eut aucune occasion de lui parler malgré ses nombreuses tentatives.

De retour au château, il tenta de l'intercepter mais elle discutait avec Ron et Harry et il était hors de question pour Drago ne s'approcher de Potter. En allant à son cours de balais volant qui finissait la matinée, il avait perdu tout espoir, lorsqu'il l'a vit traverser le parc de Poudlard. Son air pensif et mélancolique lui pinça le coeur et, pendant quelques secondes, il lui fut impossible d'esquisser une tentative d'approche. Au moment où il se décidait enfin à l'aborder, elle l'aperçut et se précipita sur Gary Roberts, qui venait de choir sans aucune grâce devant elle, sous le prétexte de l'emmener à l'infirmerie.

Drago sentit une rage indicible monter en lui, ainsi elle préférait s'occuper de Gary Roberts plutôt que de discuter avec lui un Malefoy ? La jalousie était un sentiment qu'il n'avait pas souvent eu l'occasion d'éprouver mais à cet instant elle s'abattit sur lui. Désireux de faire passer sa colère il frappa de toutes ses forces un arbre qui se trouvait à proximité sous l'oeil médusé d'un groupe de Poufsouffle de première année. Il leur jeta un regard menaçant qui les fit fuir et contempla sa main sanguinolente. Une douleur sourde s'y fit sentir qui s'ajouta au malaise qu'il ressentait et pour la première fois Drago Malefoy comprit ce que signifiait le désespoir.

°°°

A l'heure du déjeuner Hermione bavarda gaiement avec Ginny. Elle avait bien remarquée les manoeuvres du serpentard et se réjouissait d'avoir pu y échapper. Sur les conseils de son amie, elle avait en effet décidé d'éviter tout contact avec le jeune homme. En sortant de table, elle se dirigea vers la tour des Gryffondors pour récupérer son livre de potion. Les couloirs étaient déserts et la brune marchait d'un pas alerte lorsqu'elle fut stoppée par la voix tant redoutée.

- Où cours tu comme cela Granger ? dit la voix traînante.

Hermione se retourna lentement, le coeur battant, et aperçu sans surprise Drago contournant la statue de Dingus le Fol qui le dissimulait. Elle s'exclama d'une voix trop aiguë pour être naturelle :

- Justement Malefoy, je te cherchais.
- Tiens donc, s'étonna poliment le jeune homme, ce n'est pas l'impression que j'ai eue. Que voulais tu me dire ?

Tout en parlant il se rapprocha peu à peu de la brune qui recula inconsciemment en même temps. Cela ne pouvait durer longtemps et Hermione eut un petit sursaut de surprise en sentant son dos cogner contre la pierre dure et glacée. Elle sentait son visage se colorer et la sueur couler le long de son dos. Plus fascinée par le sepentard qu'effrayée, elle se reprit rapidement.

- Je voulais te prévenir pour les cours de botanique. Tu n'en as plus besoin et je n'ai plus vraiment le temps donc il vaut mieux... arrêter.

Elle avait la très juste impression qu'il ne prêtait aucunement attention à ses paroles et l'interrogea du regard. Il fit alors un geste qu'elle n'aurait jamais cru possible venant de sa part en remettant doucement l'une de ses mèches brunes derrière son oreille. Il y avait dans ce mouvement tant de douceur que la gryffondor en eu le souffle coupé. Il murmura alors:

- Hermione... J'ai besoin de toi.

Elle comprit aussitôt qu'il ne parlait pas seulement de la botanique et leva un regard gêné vers le blond.

- Je crois...

Elle ne put finir sa phrase car à cet instant précis le serpentard rapprocha son visage du sien et pour la seconde fois leurs lèvres s'unirent. La brune fut d'abord tétanisée en sentant la bouche du jeune homme contre la sienne mais le visage de Ginny la regardant d'un air dégoûté s'imposa à elle et elle le repoussa violemment. Drago la regarda et elle se demanda pourquoi elle avait brusquement l'impression que ses actes ne correspondaient pas du tout à ce que son coeur et son corps lui dictaient.

- Hermione...

"Il te plaît car tu l’idéalises physiquement et tu oublies qui il est réellement." Le vertige la prit et elle s'appuya, chancelante, contre le mur.

- Non... murmura-t-elle faiblement

Les mots cognaient dans sa tête. "C’est juste une attirance physique" Les sons étaient durs et son estomac la brûlait. Pourquoi s'acharnait on ainsi sur elle ? "Tu ne l'aimes pas, ce n'est pas... possible" Elle sentit soudain les larmes couler le long de ses joues et s'enfuit en courant, laissant un Drago trop étonné pour réagir.

°°°

La bibliothèque de Poudlard était plutôt vide en début d'après midi et Lilliane Cooper n'avait pas pour habitude d'y utiliser son temps libre. Mais le cours de métamorphose avait été annulé et elle avait un devoir important à faire en potion pour le lendemain. Plongé dans le deuxième volume du "Traité sur les ingrédients rentrant dans la composition des philtres", elle n'entendit pas la lourde porte de chêne s'entrouvrir pas plus qu'elle ne vit Pansy s'approcher de la table où elle étudiait. Elle vit en revanche parfaitement la main de la serpentarde se poser sans aucune délicatesse en plein milieu de la page qu'elle lisait. Elle releva la tête exaspérée.

- Pan' je travaille au cas où tu ne l'aurais pas remarquée.
- Je crois que ceci devrait t'intéresser "au cas où" tu chercherais toujours à savoir pourquoi Malefoy a rompu, répondit la brune d'un ton satisfait tout en déposant une photo sur la table, je viens de la développer et elle est très... instructive.

Le silence de la bibliothèque fut brusquement rompu par le cri de rage que poussa la blonde sous l'oeil satisfait de Pansy.

°°°

La journée qu'Edwin Tiller détestait le plus était bien le lundi. Entre le double cours d'histoire de la magie et le double cours de potion il enchaînait de longues heures ennuyeuses et la sonnerie annonçant la fin des cours de la journée était pour lui un son béni. C'est donc de très bonne humeur qu'il se mêla à la foule des élèves et traversa le hall pour se rendre à la salle commune des serdaigles, il ne se doutait pas un seul instant de ce qui l'attendait. Il remarqua distraitement l'agitation extraordinaire qui régnait mais les rires étouffés qu'on entendait ça et là l'intriguèrent. Il vit alors de nombreux papiers qui jonchaient le sol et parsemaient les murs et en ramassa un. Ce n'était pas une affiche comme il l'avait d'abord pensé, c'était une photo représentant Hermione Granger et Drago Malefoy s'embrassant passionnément devant la statue de Dingus le Fol.

°°°

à suivre...

 

Harry

 

Chapitre 10 : Ange et démons

Face à toute les situations que peut imaginer l'Homme il y aura toujours deux alternatives possible : la fuite et le combat. La deuxième offre un désavantage certain puisqu'elle expose celui qui la pratique au danger qui la menace mais la première ne vaut pas mieux tant elle offre un refuge provisoire. On ne peut pas fuir éternellement. C'est sur ce postulat hautement philosophique que Drago commença sa journée. Il avait passé toute la soirée à éviter soigneusement ses camarades et c'était barricadé jusqu'au matin. "Ce n'est pas de la lâcheté c'est de la prudence" lui avait alors parut une merveilleuse excuse mais maintenant qu'il était obliger d'aller en cours cette option n'était plus possible.

Il lui fallait affronter ses camarades serpentards peu enclins à accepter que leur leader brave tous les préceptes qui avaient bercés leur enfance en s'abaissant à embrasser une sang-de-bourbe. S'il s'était longuement inquiété pour Hermione qui n'avait jamais été confrontée à cette situation et qui risquait de voir retomber sur elle la colère des serpentards, il avait désormais peur pour lui même. La situation était ridicule, il n'aimait même pas Hermione, c'était... de l'affection. La vérité ne s'imposa pas à lui tant elle s'était doucement glissée dans son coeur mais en se souvenant des paroles de Pansy et ce "Tu es amoureux d'elle..." qui l'avait tant troublé il ne lui resta qu'une certitude : il l'aimait.

°°°

Hermione n'était pas d'une nature individualiste et s'était plus effrayée pour Drago que pour elle-même. En se rendant à la volière de bon matin pour envoyer son cadeau d'anniversaire à sa mère, elle se rendit compte que le mépris qu'elle sentait chez les gryffondors lui était totalement indifférent. N'avait-elle pas déjà dû affronter cette situation lorsqu'en première année le trio avait fait perdre 150 points à leur maison ? Les remarques qu'elle entendait désormais sur son passage ne la blessaient pas vraiment et elle se contentait de répondre aux questions insistantes par un laconique "C'est juste un malentendu". La réaction de Ron et Harry qui ne lui adressait plus la parole l'inquiétait en revanche au plus haut point et elle ne pouvait compter sur Ginny qui avait adopté une attitude similaire. La conviction de ne pas aimer le serpentard qu'avaient fait naître en elle la rousse n'était plus de mise et elle ressentait plus que jamais les tourments de l'incertitude.

C'est au détour d'un couloir qu'elle se rappela l'existence de la dernière personne auquel elle aurait pu penser dans cette douloureuse situation.

- Edwin ?

Le jeune garçon avait un air froid et méprisant qu'elle ne lui connaissait pas. Ce mépris là la toucha car elle n'avait jamais désiré lui faire de la peine. Elle tenta de s'expliquer tout en restant à bonne distance du serdaigle.

- Je comprends que tu te sentes trahit Ed, mais il faut que tu me croies. On ne sors pas ensemble et c'était juste un... malentendu.

Elle ne savait pas quoi dire d'autre même si elle ressentait douloureusement au fond d'elle que c'était une réponse très peu appropriée. Il eu un ricanement.

- Un malentendu ? On ne s'était rien promis Hermione mais je m'attendais à plus de franchise de ta part. J'imagine que depuis le début tu rêves de finir dans le lit de Malefoy et que j'étais juste un substitut. Ce dont tu ne te rends pas compte c'est qu'il t'utilise et je pensais que tu avais plus de discernement.
- Non, tu te trompes ce n'est jamais ce que j'ai voulu, je...
- Ce n'est pas la peine de te justifier, on a plus rien à se dire. J'espère juste pour toi que tu trouveras un cavalier de dernière minute quand Malefoy t'auras jeté. Mais j'oubliais que tu gardes Potter sous le coude, bien joué Granger.

C'était si injuste et blessant qu'Hermione ne put articuler un mot. Elle ne tenta pas de le retenir et se laissa glisser contre le mur.

°°°

En sortant de sa chambre Drago fut rassurer de constater que la salle commune était parfaitement vide, les élèves étant tous parti petit-déjeuner. Il se glissa hors de la pièce et parcouru quelques mètres dans une angoisse grandissante. Reprenant progressivement sa détermination il sentit à nouveau tout courage le quitter à la vue des portes de la grande salle et décida de prendre son repas dans les cuisines. Tel un voleur il parcouru les couloirs dans la plus grande discrétion jusqu'au tableau marquant l'entrée de l'office. Sa crainte de rencontrer ses "amis" s'estompait peu à peu lorsqu'il tomba sur un groupe de serpentards, composé entre autre de Zabini, Crabbe et Goyle, qui affichait une mine peu avenante.

Se sentant encercler une peur sourde lui tordit l'estomac et il esquissa une échappée bien vite stoppée par Crabbe qui lui fit un habile croche-patte tout en lui ôtant sa baguette. Il tomba violemment sur le sol sous les rires gras des serpentards et fut relever sans aucune délicatesse par Blaise qui attrapa le col de sa chemise avant de l'interroger :

- Qu'est ce qui se passe Malefoy on a la trouille ? Je crois que tu as quelques explications à nous donner. Depuis quand tu manigances avec des Sang-de-bourbe sans en parler à tes vieux copains ?

Il lui assena une claque faussement amicale qui le projeta pour la seconde fois au sol. Il se releva le nez en sang et cracha :

- Je n'ai aucune explication à vous donner Zabini. Laissez moi tranquille.

Le cercle des serpentards se resserra dangereusement sur le jeune homme. Il entendit Crabbe faire craquer ses doigts d'une manière menaçante derrière lui.

- Vous entendez ça, lança Blaise, le prince Malefoy n'a aucune explication à nous donner !

Les rires retentirent à nouveau tandis qu'il lui assénait un coup de pied brutal dans le ventre. Le blond se tordit de douleur. Blaise s'accroupit et lui murmura d'un ton doucereux :

- Je te propose un marché Malefoy, tu cesses immédiatement toute relation avec Granger, tu l'oublies et nous on s'occupe du reste et entre autre de régler le sort de la sang de bourbe si tu vois ce que je veux dire...
- Jamais ! Je vous interdis de vous approchez d'elle !

Le visage de Blaise était tordu par la haine mais il se contenta de reculer tout en esquissant un léger signe de tête en direction du groupe de serpentards qui s'abattit sur Drago. Ignorant les cris de douleur du blond il se dirigea vers le bout du couloir où l'attendait Lilliane Cooper.

- Alors ? l'interrogea-t-il.
- Pas mal du tout, répondit la serpentarde avec un sourire significatif tandis que des Doloris fusaient dans son dos, je saurais te récompenser.


°°°

Ce n'était plus la douleur sourde de la veille mais un feu ardent qui lui dévorait chaque partie du corps. Dans un état second, il ressentait à peine la pierre glacée sous sa joue et le sang qui coulait de son nez. A cet instant Drago Malefoy aurait donné beaucoup pour ne plus ressentir la souffrance qui l'irradiait. Il aurait voulu que son esprit s'envole peu à peu vers cet état inconscient où il pourrait enfin oublier le supplice de ses membres meurtris. Mais même son esprit ne lui obéissait plus comme dans un cauchemar et le réveil était loin, tellement loin... Il était incapable de dire depuis combien de temps il était étendu sur ce sol glacé, depuis combien de temps le sang coulait de son visage, depuis combien de temps il était là et l'avenir apparaissait sombre, si sombre...

Dans cet autre espace-temps où l'avait plongé son délire, il vit une silhouette s'approcher et une main caressa son visage torturé par la douleur. Des sons lui parvinrent comme assourdis par un brouillard épais et il ne put en reconnaître qu'un :

- Drago...

Au fur et à mesure que la main touchait sa peau à vif la douleur devenait plus douce et son corps engourdi plongeait dans la nuit, mais une nuit accueillante et réparatrice. "Faîtes que ce soit la réalité et si c'est un rêve faites que je continues à rêver le plus longtemps possible" pensa-t-il avant de s'évanouir.

°°°

à suivre...

 

Blaise

 

Chapitre 11 : Cassie et Cie

L'infirmerie de Poudlard avait pour particularité d'être divisée en deux parties. La première, au mobilier simple et fonctionnel, servait pour les élèves atteints de maléfices ou de blessures bénignes ; mais dans la deuxième destinée aux cas plus grave des rideaux entouraient les lits pour assurer à leurs occupants discrétion et intimité. Le soir la lumière rosée, qui entrait à flot par les longs vitraux colorés, était dispersée dans toute la pièce et éclairaient les rideaux où se projetaient alors les ombres floues des visiteurs. Quand Drago ouvrit les yeux pour la première fois depuis son évanouissement, ce qu'il aperçu tout d'abord ne fut pas la silhouette projetée sur la tenture qui l'entourait mais le plafond blanc et impersonnel qui la surmontait. Convaincu qu'il était bel et bien à l'infirmerie, son regard se promena autour de lui et il vit alors l'origine de la silhouette en la personne d'une jeune fille assoupie sur une chaise en bois clair.

Quand son esprit encore somnolent fut à même de reconnaître Hermione dans la demoiselle endormie, une joie pure et profonde l'envahit. Il tenta un mouvement mais une douleur sourde l'en dissuada. C'est à cet instant que les paupières de la gryffondore s'entrouvrirent. La jeune fille s'étira, cligna des yeux et eut une exclamation de surprise à la vue du serpentard.

- Drago ! Tu vas mieux ? Madame Pomfresh m'avait pourtant affirmé que tu ne te réveillerais pas avant demain. Quelle heure est-il ?

Son ton badin n'aurait pu laisser croire à un observateur non averti qu'elle était en train de discuter avec celui qui habitait ses pensées, celui qu'elle avait veillé toute la journée dans l'angoisse et la peur. Bondissant de sa chaise si vite que Drago n'eut pas le temps de réagir, elle ramassa son sac en regardant l'horloge.

- L'heure des visites est passée depuis déjà dix minutes ! Je vais de voir te laisser.
- Hermione attends... murmura Drago faiblement.

La jeune fille se stoppa aussitôt et se rassit avec un air interrogateur. Il reprit :

- Que s'est-il passé ? Je ne me souviens de rien à part...

Il s'interrompit gêné à l'idée d'évoquer son rêve qui n'en était peut être pas un. Hermione lui sourit d'un air rassurant.

- Je t'ai trouvé inanimé dans les couloirs et je t'ai transporté à l'aide de ma baguette magique jusqu'ici. Tu étais... si mal en point, que je me suis inquiétée pour toi et je suis restée ; j'ai du ensuite m'assoupir. A toi maintenant de me dire ce qu'il s'est passé, continua-t-elle d’un ton plus doux.

Drago plongea son regard dans ses yeux et y trouva tant de compassion qu'il ne put se résoudre à ne pas lui répondre.

- En allant aux cuisines, je suis tombé sur un groupe de serpentards et ils voulaient...

Les mots se bloquèrent dans sa gorge mais la gryffondor lui prit la main et il retrouva par ce contact assez de force pour poursuivre.

- Ils voulaient... que je t'oublie et aussi s'en prendre à toi et je...
- Tu n'étais pas obligé de faire ça Drago.

Hermione avait maintenant les yeux pleins de larmes. L'émotion qui l'envahissait à la vue du serpentard meurtri ne fut rien comparée à celle qu'elle ressentie lorsqu'il lui dit :

- Je ne peux pas me passer de toi, Hermione. Est-ce que tu ne le voies pas ? J'ai besoin de toi...

La jeune fille ne put répondre car à cet instant Madame Pomfresh jaillit de derrière le rideau en hurlant "L'heure des visites est passée sortez tout de suite de mon infirmerie Miss granger !", mais en sortant de la salle à moitié soulagée elle se rendit compte qu'elle n'en aurait peut être pas été capable.

Elle ne revint pas voir le serpentard à l’infirmerie de toute la semaine. D’abord par peur de ne pas savoir quoi lui dire, ses sentiments pour lui étant toujours troubles ; puis par honte, le temps passant, de l'avoir abandonné.

°°°

Le samedi matin du bal de Noël, la quasi-totalité des élèves de Poudlard s'étaient dispersé dans le parc pour profiter du soleil hivernal et de la fin du premier trimestre. Une gigantesque bataille de boules de neige s'engagea alors entre les élèves de Gryffondor menés par Fred et Georges Weasley et ceux de la maison de Poufsouffle dirigés par Ernie Macmillan et Hannah Habbot. Les élèves de Serdaigle, par nature peu enclins à se livrer à ces batailles puériles, se joignirent pourtant à eux sous l’oeil mauvais des serpentards massés au bord du lac.

Malgré l'atmosphère détendue qui s'était emparée de Poudlard depuis le matin, deux élèves ne partageaient pas la liesse générale. Ginny Weasley et Hermione Granger s'étaient en effet volontairement retirée de la bataille et longeait les eaux troubles du lac. Prenant soin de ne pas être vus par le groupe des serpentards allongé à quelques mètres de là, les deux jeunes filles s'assirent aux pieds d'un chêne et la brune lança un regard interrogatif à son amie. Ginny baissa les yeux et pris la parole.

- J'étais en colère contre toi, Herm' je sais que je t'ai abandonnée au moment où tu avais le plus besoin de moi. Peu importe la personne pour laquelle tu éprouves des sentiments, même si un jour tu décides d'épouser un scroutt à pétards je resterais ton amie.

Hermione senti que la jeune fille avait des difficultés à prononcer ces paroles et elle s'empressa de couper court à tout sentiment de gêne en serrant la rousse dans ces bras. Ginny, soulagée, lui rendit son étreinte. Elle reprit:

- Harry et Ron changeront d'avis tu verras, laisse leur un peu de temps. Je sais qu'ils n'ont pas agit comme des amis et qu'il n'aurait pas dû faire ça.
- Sauf qu'un ami ne se reconnaît pas à ce qu'il aurait dû faire mais à ce qu'il fait, répondit amèrement Hermione. Pourquoi m’en veulent-t-ils tellement ?

Ginny la regarda et répondit :

- Il pense que tu as oubliée qui il était vraiment et ils sont peinés...

Elle s’interrompit en voyant le visage pâle d’Hermione et son regard qui fixait le bord du lac où étaient rassemblés les serpentards. Une jeune fille s’était en effet détachée du groupe et s’avançait dans ce qui semblait être leur direction. Il s’agissait de Cassandra Adams, ses longs cheveux blonds flottant autour d’elle. Les deux gryffondores se tapirent au pied de l’arbre et la virent le coeur battant d’appréhension s’approcher d’un buisson à quelques mètres de là. Le bosquet était placé de telle sorte qu’elles pouvaient, au contraire des serpentards tournés vers le lac, voir celui qui s’y trouvait et qui n’était autre que Drago. Le souffle court et le corps si pressé contre le tronc du chêne qu’on avait l’impression qu’elle cherchait à se fondre dans le bois centenaire, Hermione suivit des yeux la serpentarde jusqu’au jeune homme.

- Drago, pourquoi te caches tu ? dit-elle d’une voix enjôleuse. Quelle chance que tu sois sorti de l’infirmerie juste à temps pour le bal... Viens nous rejoindre !

Le blond eut un sourire ironique.

- Cesse ta petite comédie Cassie, tu sais que même si je le voulais je ne pourrais retourner parmi vous.
- Même si tu le voulais ? Tu veux dire que...
- Je ne regrette rien de ce qui s'est passé, confirma Drago.

Hermione pouvait voir le visage de Cassandra déformée par la jalousie, à cet instant elle se demanda comment elle avait pu trouver la jeune fille belle. La serpentarde se contint et reprit d’une voix douce à l‘adresse du jeune homme qui contemplait distraitement la surface du lac sans lui prêter aucune attention :

- Ne dis pas n’importe quoi, Drago. Tu as fais une erreur, mais je pense que beaucoup de personne serait près à l’oublier si tu... y mettais un peu du tiens.
- Qui te dis que je veux retrouver « l’amitié » des serpentards ?

La blonde ne se démonta pas et sentant que la conversation touchait à sa fin dit d’une voix pressée les mots qui déclenchèrent la fureur d’Hermione.

- Viens au moins avec moi au bal et tout sera réparer, donne toi juste une chance de revenir chez...

Elle fut violemment bousculée par la brune qui, sous le regard éberluée de Ginny, prit Drago dans ses bras dans une étreinte à laquelle il s’empressa de répondre. Elle se retourna alors vers Cassandra, toujours enlacée, avec un air satisfait.

- Je crains que cela ne soit pas possible Adams, il se trouve que Drago y va déjà avec moi.

Elle se retourna plus timide vers le blond.

- Je suis désolée Drago, j’ai eu peur, j’aurais du revenir te voir.

Le serpentard l’interrompit un sourire aux lèvres en posant délicatement  un doigt sur sa bouche et sans un mot l’entraîna sur les bords du lac pour une longue promenade.

°°°

à suivre...

 

Cassandra

 

Épilogue : Paillettes et confettis

Le soir du bal de Noël la Grande salle fourmillait d'élèves habillés de robes colorées. Les préfets avaient redécoré la pièce pour l'occasion et le résultat donnait au lieu une atmosphère féerique. De la neige aussi légère et douce que du coton tombait du plafond étoilé et les fantômes voletaient gracieusement entre les lustres flottants ornés de sculptures de glace. Une fois n'est pas coutume, les elfes de maison étaient sortis de la cuisine et slalomaient entre les danseurs les bras chargés de grands plateaux d'or où trônaient des plats plus savoureux les uns que les autres.

Drago, posté dans le hall aux portes de la grande salle, ne cherchait pas à cacher son admiration. Bien qu'il fût depuis son enfance habitué aux réceptions luxueuses, il n'avait vu de plus belle salle de bal depuis bien longtemps. Un sixième sens lui fit tourner la tête au moment où Hermione descendait les escaliers vêtus d'une longue robe turquoise, assortie aux rubans qui nouaient ses cheveux dans un chignon élégant. Sa robe était bordée de volants en tulle blanc qui lui donnaient une allure presque aérienne, un long ruban de soie immaculée serrait sa taille et laissait par là deviner sa finesse. Le serpentard resta la bouche ouverte dans une attitude peu gracieuse. La brune rit gentiment.

- Alors Mr Malefoy vous avez perdu la parole ?
- Il y a de quoi, murmura Drago avant de lui prendre le bras.

Ils se dirigèrent ensemble vers l'une des tables où était déjà attablé Ginny, Seamus et Luna, l'air un peu perdue comme à son habitude. Elle se tourna soudainement vers Drago.

- Sais tu que la soie verte attire les Norgulzus, tu n'aurais pas dû mettre ce costume.

Drago se leva l'air effaré et lança à la cantonade.

- Je vais cherchez les boissons, Bièrreaubeurre ?

Devant l'assentiment général il se dirigea vers le bar. Dès son départ Ginny se retourna vers son amie sans prêter attention au regard désespéré de Seamus que Luna venait d'inviter à danser.

- Tu dois tout me raconter Herm'. Tous les détails croustillants, je veux tout savoir !
- Pour les détails croustillants, tu risques d'attendre longtemps, répondit Hermione amusée.

Devant l'air interrogatif de Ginny elle reprit :

- Drago et moi avons décidé d'un commun accord que c'était un peu trop tôt pour sortir ensemble. J'ai besoin de le connaître un peu mieux, tout c'est passé si vite. Et lui doit faire respecter ses choix à ses amis, cela demandera du temps.
- Mais alors pourquoi vous allez au bal ensemble ? s'indigna Ginny pour qui il était impensable de passer un bal sans draguer.
- On y va en amis Ginny, c'est tout. Est-ce si étrange que cela ?

La rousse marmonna quelques paroles inintelligibles avant de partir au secours de Seamus. Restée seule, Hermione parcourue la salle du bal du regard. Drago avait été intercepté par Rogue et en avait apparemment pour un petit bout de temps. Dans un coin de la salle, elle remarqua Lilliane Cooper et Blaise Zabini qui dansait d'une manière... assez suggestive. Une voix interrompit ses pensées :

- J'imagine que tu es contente de toi.

C'est sans surprise qu'elle découvrit que l'origine de la voix était une Pansy Parkinson des moins aimable. Elle ne put s'empêcher de lui lancer une pique.

- Très. Le plus amusant dans toute cette histoire c'est qu'elle aura prouvée que décidemment Edwin préfère les Gryffondores. Dommage pour toi.

Elle venait sans aucune délicatesse de montrer qu'elle était parfaitement au courant des objectifs poursuivis par la brune et de rappeler par là à Pansy un évènement qu'elle aurait préféré oublier. Dès la fin de la dispute entre Hermione et Edwin, elle s'était précipitée sur lui pour le supplier d'être sa cavalière. La jeune fille tomba de la hauteur qu'elle s'était elle-même fixée en apprenant que le séduisant serdaigle était engagée auprès de Parvati Patil. En voyant le visage de Pansy, Hermione eut un petit sourire narquois qui s'effaça devant le rictus de la serpentarde.

- Tu n'as vraiment rien compris, sale sang-de-bourbe ! C'est moi qui ai demandé à Drago de te séduire, depuis le début il ne ressent rien pour toi. Je compatis à ta douleur Granger, d'autant que maintenant tu as autant de chances de te remettre avec Edwin que moi.
- Dommage pour toi Parkinson mais j'étais déjà au courant, répliqua Hermione sans se départir de son calme.

La jeune fille décela tant d'incompréhension chez sa rivale qu'elle poursuivit :

- C'est toi qui inspires de la pitié, tellement aveuglée par la haine que tu es capable de faire souffrir les personnes qui comptent le plus pour toi. L'expression "pardonner" tu connais ?

N'ayant rien à ajouter elle se leva au moment où Drago, qui avait réussi à se débarrasser du professeur de potion, la rejoignait. Le blond n'adressa pas un regard à Pansy et prit Hermione par la main.

- Tout va bien ?
- On ne peut mieux, répondit la brune d'un ton satisfait.

Drago eut un sourire tendre et l'emmena sur la piste de danse. Des paillettes argentées se déversèrent à cet instant précis sur les danseurs et la musique d'un slow emplit la salle. N'ayant jamais cru aux contes de fée Hermione chercha un explication rationnelle à ce phénomène et la trouva en la personne de Harry et Ron la baguette toujours au poing qui lui adressaient des grands signes de la main. A leur côté se trouvait Ginny, au bras de Seamus, et Hermione eut juste le temps de déceler le clin d'oeil de sa meilleure amie avant que les bras de Drago l'enlacent.

Le moment était si parfait et si... magique qu'une larme se mit à couler le long de sa joue. Le serpentard l'écarta avec douceur. Un souvenir envahit alors Hermione et elle se revit en haut de la tour des gryffondors lorsqu'elle pleurait et que le faucon tentait de lui sécher ses larmes avec des petits coups de bec.

- Je t'ai connu moins doux, sourit-elle. Tu aurais quand même pu éviter les coups de bec, c'est tout sauf réconfortant !
- Tu avais devinée depuis le début, j'aurais du savoir qu'une sorcière aussi intelligente aurait tôt fait de percer mon secret à jour, murmura Drago.

Le compliment la toucha et tandis que la neige translucide se mêlait au confettis argentés au-dessus de leurs têtes, elle le serra plus fort dans ses bras avant de lui chuchoter à l'oreille ces mots qu'elle avait déjà prononcés la veille au bord du lac :

- Un jour, peut-être...

°°°

Fin...

Bal
 

 

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Date de dernière mise à jour : 01/05/2017

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