Moonlight

Un concours de fic organisé par The Meadow.

Le sujet  :

1. Thème choisi : Il s’agit de mettre en scène Nessie et Jacob dans un one-shot qui se déroulera après le quatrième tome.
2. Le choix du point de vue est libre (vous pouvez vous placer de celui de Nessie, Jake, ou être narrateur externe)
3. Veuillez utiliser un langage correct. Si vous n’êtes pas assez bon en orthographe, en grammaire, bref, si vous ne vous en sortez pas très bien avec le français, vous serez pénalisé. Donc, n’hésitez pas à vous faire relire par une autre personne.
4. N’hésitez pas à inclure dans votre travail des descriptions, des comparaisons, tout ce qui peut donner de la profondeur à votre récit. Il n'y a pas de nombre de pages imposé.
5. Soyez imaginatif. Votre note dépendra d’abord de l’idée que vous allez développer.
6. Chaque participant recevra une note sur 20, moyenne des notes attribuée par les membres de l'équipe du site

 

                                                     moonlight

       Carlisle vérifia ma position pour la troisième fois puis descendit la plaquette en bois jusqu'à ce qu'elle me touche le crâne. Il nota ensuite le résultat avec soin, inscrivant quelques chiffres de son écriture en patte de mouche sur la grille qu'il tenait. Son perfectionnisme aurait pu m'agacer mais la situation était bien trop importante pour que j'y prêta attention.
- Alors ? Tout mon corps était tendu dans l'attente de la réponse.
- Je pense pouvoir affirmer que tu ne grandiras plus d'un millimètre, cela fait un mois que ta taille est la même.
       Il hocha la tête pensivement tandis que je précipitais dans le salon pour annoncer la nouvelle au reste de la famille. Si mon père et ma mère en furent ravis, même s'ils avaient toujours appréhendé ce moment, mes tantes prirent un air désolé. Prévisible. L'arrêt de ma croissance accélérée signifiait pour elles qu'elles ne pourraient plus me faire changer de tenue quatre fois par jour sous prétexte que mes anciens vêtements étaient devenus trop petits. Rosalie alla même jusqu'à me lancer un regard boudeur avant de faire semblant de se désintéresser totalement de la question, ce qui pour elle constituait la pire des insultes.
       Mais pour moi c'était surtout la fin de ma vie cachée dans la villa. Je pourrais désormais m'afficher comme une vraie Cullen sans que quiconque à Forks ne puisse s'étonner de me voir prendre une année de plus en l'espace de quelques jours. Bien sûr cela ne me dispenserait pas des rumeurs selon lesquelles Carlisle était un chirurgien fou qui nous torturait à coup de lifting, mais j'étais prête à le supporter si cela signifiait que je pourrais voir des match de base-ball avec Charlie sans me cacher et découvrir le monde des humains autrement que la nuit.
       Carlisle m'avait prévenue que même si ma croissance était finie il se pourrait que mes cheveux continue à pousser encore un peu, ce qui permettrait à Alice de ne pas renoncer à son passe temps favori qui était de me faire des coiffures impossibles. Aujourd'hui je portais une lourde frange qui avait déjà commencée à me dépasser des sourcils et un chignon compliqué dont le poids se constituait pour moitié de barrettes en tout genre. Alice avait intitulé la coiffure "Rêve d'une nuit". Cauchemardesque.
       Je m'étalais d'un bond sur le canapé à côté d'Emmett qui semblait plus qu'absorbé par son match de boxe puisqu'il bougeait ses poings en même temps que les joueurs, donnant des coups dans le vide. Nul doute que ces considérations féminines lui passaient complètement au-dessus de la tête. Jasper s'approcha de moi à pas feutré, attiré par la sensation de joie que je ressentais, tandis qu'Alice s'asseyait sur l'accoudoir toujours de mauvaise humeur.
- Celui qui porte un ignoble slip rouge va perdre par KO dans trois minutes et trente cinq secondes, annonça-t-elle tranquillement.
       Emmett grogna aussitôt de mécontentement.
- Tu ne peux pas te retenir de temps en temps c'est pénible ! Arrête de passer ta mauvaise humeur sur moi !
     Ils se chamaillèrent pendant un bon moment avant de s'enfermer dans un mutisme boudeur. Mon père s'installa au piano et commença une mélodie apaisante. J'appréciais ce moment, dans ce cocon familier, et laissait la musique me bercer. Mes pensées se tournèrent aussitôt vers Jacob dont le comportement m'inquiétait depuis quelque temps. Bien sûr il était toujours égal à lui même, mais quelque chose d'indéfinissable avait changer dans notre relation, il me cachait quelque chose et j'étais bien déterminer à découvrir quoi.
       Je n'eût pas longtemps à attendre puis que quelques instants plus tard Rosalie renifla dédaigneusement.
- Le cleb approche...
       La porte s'ouvrit aussitôt et je me jetais sur mon loup-garou préféré. Comme à son habitude il me serra dans ses bras comme s'il ne m'avait pas vu depuis une éternité.
- Salut Nessie ! Je te kidnappe pour venir dîner à la Push.
       Le mot était un peu fort puisque je passais la moitié de mes repas chez lui. Il n'aimait pas envisager l'idée que je puisse chasser comme un vampire et me bourrait de nourriture humaine. Tous ces repas n'étanchant pas ma soif, j'y étais pourtant bien obligée.
- Justement, j'adore être kidnappée...
       Il se tourna vers Rosalie.
- Hé Blondie tu sais comment fait une blonde pour regarder derrière une vitre ?
       Je souriais en attendant la réponse.
- Elle l'escalade !
       Rosalie lui lança un regard mauvais et effectua un rictus. Nul doute qu'elle n'était pas ravie que Jacob m'emmène et ce n'était pas très malin d'envenimer la situation. Jacob salua ensuite mes parents, comme à son habitude, serrant ma mère dans se bras. Étrangement il fut beaucoup plus distant avec mon père, bien qu'il m'est toujours semblé proche de lui. En y réfléchissant ce n'étais pas la première fois que je l'observais et cela faisait déjà plusieurs semaines que leur relation était légèrement tendue. Cela s'ajouta à la longue liste des changements-inquiétant-du-comportement-de-Jacob-Black que je tenais mentalement depuis quelques semaines.
       Malgré cela je ne comprenais toujours pas. Je ne devais pas être très douée pour découvrir les secrets. Non, j'étais plutôt douée pour qu'on découvre les miens. Saleté de don. Franchement projeté ses pensées ça ne sert à RIEN. Je parle d'expérience.
       Je poussais Jake vers la porte et il se laissa faire de bonne grâce sous le regard menaçant de Rosalie. J'aimerais bien éclaircir un jour la cause de leur haine réciproque, mais l'hypothèse la plus probable était que leur nature et leur caractère étaient bien trop éloignés pour qu'ils puissent un jour s'entendre. Encore une énigme.
       Une fois sortit Jacob m'entraîna jusqu'à son 4x4 et nous filâmes jusqu'à la Push. Quelque chose n'allait pas. Il était... mutique. Le silence se poursuivit pendant quelques longues minutes. Il fallait que je dise quelque chose, n'importe quoi. N'osant pas lui demander directement quelles étaient ses pensées je sortit le premier truc qui me passa par la tête.
- Tout mes espoirs de faire au moins un peu plus que la moitié de ta taille sont réduit à néant...
       Il se tendit.
- Pourquoi ?
- Fin de croissance ! Il fallait s'y attendre non ? Esmée ma toujours dit que...
       Je fut couper dans ma phrase par le brusque coup de frein que donna Jacob et passait par la vitre du 4x4 dans un magnifique envol de verre. Mes capacités vampiriques me donnant tout loisir d'apprécier, seconde par seconde, la beauté des fragments de verre qui reflétaient la lumière du soleil couchant. J'atterris brutalement sur un arbre et allait rouler à quelques mètres.
- Nessie !
       Jacob sortit de la voiture avant que j'aie eu le temps de me relever et me souleva dans ses bras.
- Tu n'as rien ?
       J'en fus interloquée.
- Pourquoi j'aurais quelque chose ? C'est pas comme si deux ou trois morceaux de verre pouvait m'entamer la peau.
       Je regardais son visage. Il était bouleversé et son souffle était court. Je me dégageais lestement de son étreinte et remontait dans la voiture. Pense-bête pour la prochaine fois : ne pas oublier la ceinture de sécurité.
- Tu es sûre que ça va ? reprit-il.
       Tant de sollicitude commençait à franchement m'énerver.
- La seule chose dont tu peux t'inquiéter c'est la tête que va faire Alice quand elle verra ce que j'ai fait de son chef-d'oeuvre ! Je lui désignait ma coiffure que les bouts de pare brise constellaient.
       Il s'assit sur le siège du conducteur et se prit la tête entre les mains.
- Tu aurais pu te faire mal !
- Jacob, rien ne peut me faire mal.
- Arrête de penser ça ! Tu n'es pas un vampire à part entière et tu ferais bien de t'en souvenir ! Nous ne savons pas où sont tes limites d'être humain. Sa voix était sèche.
       Merci de me le rappeler. "Tu n'es pas un vampire." Je ne comptais plus le nombre de fois où il m'avait sortit ça. De toute façon tout ce qui me rapprochait de ma condition humaine réjouissait Jacob, et au contraire tout ce qui m'en éloignait l'énervait. Les vieilles rancunes stupides entre vampires et loups-garous avaient la peau dure.
- On va être en retard.
       Je pris le ton le plus boudeur possible. Il soupira et redémarra avec précaution. Le reste du trajet se déroula à la vitesse d'un escargot asthmatique.
- Jake, je crois que tu confonds les limites de vitesses, raillais-je, c'est limité à 100 pas à 10 km/h.
- Très drôle.
       J'aperçus avec soulagement les murs de la maison de Jacob et descendit de la voiture sans l'attendre. Il devait comprendre que je n'aimais pas qu'on m'étouffe.
       Rachel m'ouvrit la porte avec un grand sourire, son énorme ventre de femme enceinte la précédent de beaucoup. Elle adorait organisé des repas familiaux même si celui d'aujourd'hui se réduisait à Paul, Jacob, elle et moi.
- Entre Nessie, le repas est prêt.
       Je ne me fit pas prier et pénétrait dans le salon où Paul était vautré sur le canapé. Chips + Paul + match de baseball + canapé de Jacob = situation banale. Il se retourna vers moi pour me saluer mais son salut se bloqua dans sa gorge en même temps que la chips qu'il tenait se stoppa dans sa trajectoire du paquet à sa bouche.
- Nessie ?
- Quoi ?
- Tu as... des bouts de verre dans les cheveux. C'est normal ?
       Non pas du tout. J'ai traversé un pare-brise et j'ai atterris sur un arbre.
- Oui, bien sûr. C'est la nouvelle mode à Hollywood.
       Je pris un air innocent. Il éclata de rire tandis que Rachel nous appelait à table.
       Le repas fut bien évidemment délicieux. Rachel se plaignit de ne pas avoir assez de pommes de terres, étant enceinte je suppose qu'elle devait manger pour deux, et Paul reversa dans son assiette l'intégralité des siennes. Quand on le connaissait, on savait que c'était pour lui un énorme sacrifice.... Son attitude protectrice m'amusait bien qu'elle semblait un peu agacée Rachel de temps en temps. Elle me fit penser à celle que Jacob avait pour moi.
       L'idée me mit mal à l'aise. Je vis Paul courir apporter le dessert pour que Rachel n'est pas à se lever et en même temps dans ma tête surgit Jacob se précipitant vers moi après l'accident.
       Stupide. Paul s'était imprégné de Rachel, ça n'avait donc rien à voir. Je ne m'étais jamais particulièrement intéressée à ce phénomène qui ne me concernait pas vraiment, mais Jacob m'avait un jour dit que le loup qui s'était imprégné faisait toujours passer celle qu'il aimait avant tout le reste. Il avait ensuite brusquement changé de sujet.
       Un doute m'envahit. Un doute que je n'avais eu auparavant et que je n'aurais sans doute jamais du avoir. Je revis comme au ralentis dans ma tête l'expression de Jacob. Comme si... comme s'il souffrait autant voir plus que moi. Comme s'il se mettait à ma place.
- Nessie, tu veux une part de tarte ?
       Jacob. J'aurais préféré qu'il m'envoya la tarte à la figure plutôt que de me regarder avec ce regard qu'il avait en se moment. Ce même insupportable regard qui était gravé sur le visage de Paul quand il regardait Rachel. Comment ne m'en étais-je pas rendu compte? La vérité s'imposa à moi : Jacob s'était imprégné de moi. Je restais un moment trop abasourdie par ce que je venais de découvrir pour réfléchir correctement.
       Pourquoi tout ne pouvait pas redevenir comme avant ? Lorsque nous étions de simples amis et que je grimpais sur son dos, nous traversions la forêt à toute allure jusqu'à ce que je n'en puis plus, étant donné que lui n'était jamais fatigué.
       Je pris machinalement la part de tarte qu'il me tendait mais la laissait dans mon assiette. Essayant de remettre de l'ordre dans mes pensées je me remémorais tout les moments que j'avais passé avec Jacob. Et si... nous n'avions jamais été vraiment amis ? S'il était resté avec moi uniquement parce qu'il... m'aimait ? L'idée m'apparut tellement ignoble que je la rejetais. Mais elle persistait dans ma tête bien malgré moi, et en engendrais d'autres.
       Après tout Jacob avait 25 ans, même si physiquement il en avait beaucoup moins, nous n'avions aucun lien parental mis à part l'amitié qui le liait avec les Cullen depuis l'histoire des Volturis, et malgré ça il restait avec moi comme le plus fidèle des compagnons, le meilleur des amis. Toujours là, quoiqu'il arrive, s'occupant de moi en tout instant. Comme si sa vie en dépendait. Qu'étais je sensée faire ?
- Elle n'est pas bonne c'est ça ? me demanda-t-il en désignant la tarte au pomme.
      Pas très sympa pour Rachel. Mais il s'en fichait n'est-ce pas, puis qu'il s'était imprégné de moi ? Puisqu'il m'aimait ? Rien n'avait d'importance du moment que MOI j'étais comblée ! Je tremblais de colère. Depuis le début j'avais été la pire des idiotes à penser qu'il était mon ami alors qu'il nourrissait pour moi depuis le début les sentiments les plus ignobles et les plus répugnant qui soient alors que je ne voyait en lui qu'une peluche inoffensive. Alors que je ne concevais même pas ce qu'était l'amour.
       Voilà pourquoi il avait eu cette réaction en apprenant que j'avais fini de grandir. Nous avions biologiquement à peu près le même âge maintenant. La froideur de mon père envers lui, la haine que lui portait Rosalie et même l'amitié que Paul et Rachel avait pour moi. Tout s'expliquait, toutes les pièces du puzzle se mettaient en place. On m'avait menti depuis le début.
       Je fixais rageusement la tarte aux pommes. Elle me narguait, me disant : "Soit une bonne humaine, pas un vampire. C'est ce qu'il veut non ? " Je balançais l'assiette dans un mouvement de rage et sortit en courant de la cuisine, ma vision était floue. Je m'aperçue que je pleurais. Je n'entendis presque pas les voix derrière moi et me contentais de courir, courir le plus loin possible de ces ignobles loups-garous et de leur stupide et malsaine imprégnation. Dehors la nuit était tombée mais même sans la pleine lune qui luisait dans le ciel à travers un lourd couvercle nuageux j'aurais su me diriger comme en plein jour.
       Malheureusement j'étais à moitié humaine, je courais par conséquent moins vite qu'un vampire et surtout moins vite qu'un loup. Spécialement quand il s'appelait Jacob Black.
- Nessie !
       Il me rattrapa sans peine et me stoppa dans ma course en attrapant ma chemise avec ses dents. Je me dégageais mais ne me remis pas à courir. Non, je restais là à pleurer, le visage dans les mains. Inutile, puéril, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Je présume qu'il dut reprendre forme humaine et remettre son short qu'il avait noué au bout de sa patte, car je pris soin de ne pas tourner les yeux vers lui.
       Doucement, il s'approcha de moi et pris mes poignet, me forçant à le regarder. Mais je ne voulais pas voir ses yeux noirs qui me fixait, et détournait la tête
- Nessie qu'est-ce qu'il se passe ? sa voix tremblait.
       Chaque geste d'affection qu'il avait pour moi me le faisait haïr encore plus.
- Ne me touche pas ! lui ordonnais-je.
       Ses yeux s'agrandir sous le choc et je put lire la peine que je lui faisait en ce moment sur son visage, comme dans un livre. Tant mieux. Il n'avait que ce qu'il méritait.
- Explique moi... me supplia-t-il.
      Je pris une large inspiration et m'écartais de lui le plus possible, étant donné qu'à chaque pas qui m'éloignait de lui il se rapprochait.
- Est-ce que tu t'es imprégnée de moi ? luis demandais-je d'une vois glacée.
       Un instant je cru et j'espéra de tout mon coeur qu'il allait exploser de rire, m'ébouriffer les cheveux et m'assurer que je me faisait des idées.
       Je n'eu pas cette chance. Je vis son visage passé par une myriade d'émotion : la surprise, la peine, le soulagement et à nouveau l'étonnement.
- Oui. me répondit-il aussi directement que je lui avais demandé.
     Je me figeais.
- Nessie, ce n'est pas ce que tu penses...
       Toujours immobile je le vis se rapprocher presque craintivement de moi et me prendre la main. Voyant que je ne lui opposait aucune résistance il s'enhardi.
- J'ai tant espéré ce moment... me murmura-t-il.
       Il s'avança encore jusqu'à ce que son visage soit plus proche du mien qu'il ne l'avait jamais été. J'étais tétanisée. Ses lèvres s'approchèrent des miennes et il murmura.
- Je t'aime...
      Non. NON ! Ce n'était pas possible. Tout ce que j'avais crains devenais atrocement réel. Je le repoussais d'une main tremblante.
- Mais moi je ne t'aime pas...  Je repris mon souffle. Ne m'approche plus JAMAIS !
       Ignoble et répugnant loup-garou.
       Reprenant ma course à travers les bois j'arrivais seule à la villa, preuve qu'il n'avait pas essayé de me rattraper. Défonçant la porte d'un coup de pied j'entrais en trombe dans le salon sous les yeux ébahis de toute la famille, à part Carlisle, Esmée et ma mère qui étaient parti chasser.
- Nessie, que se passe-t-il. me demanda Alice inquiète.
- Je ne m'appelle pas Nessie ! hurlais-je. Je m'appelle Renesmée !
- Si tu t'es disputé avec Jacob, ce n'est pas la peine de nous hurler dessus...
- Ne prononcez plus jamais son nom, murmurais-je dans un souffle, tout en sachant qu'ils m'avaient tous entendu.
       Me précipitant dans les escaliers j'eut juste le temps de voir Rosalie un grand sourire victorieux aux lèvres et mon père dont les sourcils était froncés. Évidemment il avait entendu mes pensées... Pas moyen d'avoir une vie privée, je savais que toute ma famille serait bientôt au courant.
       Claquant la porte de ma chambre je me jetais sur mon lit en pleurant. Presque aussitôt mon père ouvrit lentement la porte et s'approcha de moi. Il s'assit sur le bord du lit avec précaution.
- Ma chérie, je sais ce qu'il s'est passé...
J'en doutais. Mes pensées devaient être trop confuses. J'éprouvais soudain le besoin impérieux de me confier à lui et appliquant mes mains sur son front je lui fit voir les évènements qui en quelques heures avait bouleversé toute ma vie.
- Tu le savais n'est ce pas ? l'interrogeais je une fois que le processus fut fini.
- Je m'en doutais.
- Ses pensées n'étaient pas assez claires depuis le début, ironisait-je.
       Je répugnais à prononcer son nom.
- Disons qu'il prenait soin de me le cacher.
       J'avais du mal à y croire. Comment peut-on cacher une chose pareille ? Même moi qui ne pouvait lire dans ses pensées  j'avais remarquer son changement de comportement.
- Te le cacher ? Depuis sept ans ?
       Apparemment il me prenait pour une débile.
- Papa, il s'est imprégné de moi ! Il me l'a dit lui même. Ne me fait pas croire que tu ne t'en étais pas rendu compte.
- Nous le savions de puis le début !
       Super. De mieux en mieux. Je me détournais des yeux dorés qui me fixaient. Pourquoi n'arrivais je pas à être en colère contre lui ? Il est vrai qu'il était sûrement la personne qui me comprenait le mieux au monde : la parole n'était pas notre mode d'expression le plus naturel.
- Tu ne comprends pas ! reprit-il Les... sentiments qu'il éprouve pour toi n'ont changé de nature que depuis peu. Crois-tu que j'aurais permis qu'il en fût autrement ?
       J'avais tellement envie de croire ce qu'il me disait, mais puisqu'ils m'avaient tous mentis depuis le début pourquoi me dire la vérité ?
- Je te promet que je ne te mens pas... me répondit-il avant que j'ai pu formuler mes pensées. Nessie, Jacob était malheureux parce qu'il savait que cela me mettrait mal à l'aise et croit moi il aurait attendu dix ans s'il l'avait fallu que tu sois prête, si tu n'avais pas découvert la vérité. Tout ce qu'il lui importe c'est toi, qu'elle que soit ta décision. Si nous t'avons caché certaines choses c'était pour te protéger.
       Le visage torturé de Jacob après que je l'eu repoussé s'imposa à moi. Comment avais-je put être aussi cruelle envers celui qui avait toujours été là pour moi, quelles que soient les circonstances. Il serait mort pour moi et pour le remercier je l'avais blessé de la manière la plus dure qui soit. Et pourquoi ? Parce qu'il avait le malheur de m'aimer.
- Où est-il ? demandais je impérieusement à mon père.
- Au même endroit.
       Pris d'une soudaine inspiration j'ouvrit la fenêtre et me précipitais dans la nuit noir d'un bond leste. Je ne savais pas quels étaient mes sentiments pour Jacob, tant ils étaient confus en moi, passant du ressentiment à l'affection; mais je savais que son amitié était trop importante, qu'il était ce qui comptait pour moi le plus au monde et que j'étais prête à n'importe quoi pour ne pas le perdre. Même à l'aimer. Courant de toute mes forces je le retrouvais rapidement au pied de l'arbre ou je l'avis rejeté, dans la même position, comme mort.
       Relevant la tête, je pus voir ses yeux, aussi noirs que la forêt qui nous entourait, s'illuminer d'un nouvel espoir. Je lui prit la main et l'emmenais, toujours en courant, vers le sommet de la plus haute colline qui avoisinait Forks. Je ne voulais pas que mon père puisse entendre nos pensées, je voulais que la nuit soit à nous, rien qu'à nous.
       La colline était si haute qu'elle dépassait les nuages et quand je m'arrêtais au sommet nous baignons dans le clair de lune, comme illuminés par le soleil. Il était immobile. Je fus presque enivrée par le pouvoir que j'avais sur lui.
- Tu n'a pas besoin de t'expliquer, me dit-il d'une voix atone, j'aurais du comprendre que tu n'étais pas prête.
       Il baissa la tête mais il était si grand que lorsque je m'approchais de lui elle était encore beaucoup plus haute que la mienne. J'aimais cette humilité qu'il avait toujours eue. Sa persistance à me surprotéger, nos balades en forêt, le regard qu'il avait quand il riait, et plus que tout, aussi honteux que cela puisse paraître, j'aimais son amour pour moi.
       Je posais doucement ma main sur sa joue et, reproduisant les gestes qu'il avait eut pour moi il y a peu, je baissais son visage jusqu'à qu'il soit au même niveau que le mien. Il ne bougea pas mais je pouvais entendre son coeur qui battait presque aussi fort que le mien. Posant mes lèvres sur les siennes je manquait de respirer mais il m'attrapa et me serra contre lui dans un geste qui voulait dire qu'il ne me lâcherait jamais, qu'il serait toujours là pour moi.
       Dans le ciel la lune sembla nous éclairer encore plus fort, presque aussi fort que nos sentiments qui s'était enfin révélés, au clair de lune.



                                                                                            FIN

 

Ajouter un commentaire
 

Date de dernière mise à jour : 01/05/2017

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site